The Charm The Fury – The Sick, Dumb & Happy

dumb-sick-happy_img2La découverte du premier album de ce jeune groupe d’Amsterdam m’avait bien enthousiasmée et incitée à suivre leurs activités. La qualité mélodique et technique de ce disque de metalcore était au rendez-vous.

Quatre ans après A Shade Of My Former Self, The Charm The Fury était de retour début 2017 pour un second album intitulé The Sick, Dumb & Happy, à la pochette bien plus colorée. Les teintes vives rose et jaune tranchent avec les couleurs habituellement utilisées dans le metal, sans remettre en question la virulence du contenu. L’effet visuel original est même plutôt perturbant.

Dès les premières écoutes des nouveaux morceaux, j’ai pu remarquer un changement d’orientation musicale. Les structures metalcore plus techniques du premier album ont laissé place à des riffs plus bruts et punchy à la Pantera, tout en conservant l’alternance du chant guttural et clair de la chanteuse Caroline Westendorp. Un peu déçu par ces premières écoutes, j’ai persévéré et acheté le disque (il faut soutenir ces groupes) pour préparer au mieux leur concert au festival Sziget. Je vais gâcher la surprise : j’ai bien fait !

Les thèmes des chansons évoquent la situation politique du monde et le combat intérieur ou actif des citoyens contre les injustices et les conflits. D’après le groupe, le son plus brut et sans fioriture technique est une expression plus impulsive en réaction aux événements actuels.

D’autres changements entourent cette nouvelle sortie de The Charm The Fury : le guitariste Mathijs Parent a quitté le groupe pour se concentrer sur sa vie personnelle, remplacé par Martijn Slegtenhorst ; tandis que Rolf Perdok, guitariste soliste sur The Sick, Dumb & Happy, a quitté la bande pour des raisons similaires peu après la sortie de l’album.

Infos album

Album studio : The Sick, Dumb & Happy
Groupe : The Charm The Fury
Sortie : 2017

Membres

Lucas Arnoldussen : basse
Rolf Perdok : guitare
Martijn Slegtenhorst : guitare
Mathijs Tieken : batterie
Caroline Westendorp : chant

Pistes

1 Down On The Ropes 3:23
2 Echoes 4:39
3 Weaponized 3:55
4 No End In Sight 3:57
5 Blood And Salt 5:11
6 Corner Office Maniacs 0:56
7 The Future Need Us Not 3:30
8 Silent War 4:12
9 The Hell In Me 3:59
10 Songs Of Obscenity 4:12
11 Break And Dominate 4:18

Analyse

Down On The Ropes

Ça démarre vite et fort, voire même trop vite. Pas d’introduction, pas de préavis, la batterie s’emballe comme dans les ouvertures des disques de Pantera (Strength Beyond Strength et The Great Southern Trendkill notamment). Les guitares lancées à la cadence d’une mitraillette bombardent le morceau de riffs explosifs qui incitent à agiter la tête dans tous les sens. La dynamique est parfaite pour les concerts avec le circle-pit, mais sur la version studio, l’effet est moins saisissant. Rien qu’avec ce morceau, le groupe balaye d’un revers de main leur style hardcore pour imposer leur son groove metal.

Cela reste un titre percutant qui rentre dans le lard, pour échauffer l’auditeur au contenu frénétique du disque.

Echoes

Contrairement à la piste précédente, ce nouveau titre emblématique passe beaucoup mieux sur sa version studio que sur son interprétation en concert. Les riffs lourds jalonnent à nouveau les couplets avec une ambiance toxique, tandis que le refrain plus minimaliste est doté d’un chant mélodique aérien entêtant qui tranche avec la brutalité sourde des couplets. C’est un morceau très beau qui accroche l’auditeur et qui peut facilement servir d’hymne au groupe. Le clip illustrant l’épilepsie des images chocs des actualités est très fort également.

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Weaponized

Là encore, ce morceau part sans prévenir en tapant à grands coups de guitares énervées. Les phrases nous plongent dans une spirale infernale. Sous ce déluge sonore, le chant guttural de Caroline Westendorp résonne avec panache. C’est un titre sombre et inquiétant, qui culmine sur un passage enragé et contagieux répétant les « I don’t give a fuck » par-dessus un tourbillon de riffs hypnotique.

No End In Sight

Introduit par un début triste, cette piste fait pleuvoir les riffs en triplet avant d’accrocher l’auditeur avec un refrain mélodique, tout en restant grinçant et puissant. C’est une composition mélancolique très appréciable qui traite du futur écologique de manière pessimiste.

Blood And Salt

Dans la continuité mélancolique de la piste suivante, ce titre assène des coups forts et pesants sur un rythme plus lent. Il possède une véritable identité, notamment grâce à la performance gracieuse de la chanteuse, mais il traîne en longueur en répétant son refrain et son thème principal sans jamais se transcender. Certains couplets organiques font écho au son de Gojira.

Blood And Salt est un titre central au sein de l’album, qui découpe bien la structure globale du disque et offre une pause sonore bienvenue, mais qui est assez pesant à écouter et aurait gagner à être plus concis.

Corner Office Maniacs

Cette courte piste instrumentale marque une pause, comme un entracte, à l’instar de In The Wake Of Pride sur l’album précédant, mais avec une atmosphère plus inquiétante et suffocante encore.

The Future Need Us Not

dumb-sick-happy_img1La whammy bien baveuse est de sortie sur cette introduction pour lancer une ouverture brutale particulièrement jouissive. Ce morceau grave est très efficace et passe aussi bien en concert que sur le disque. La guitare sonne de manière complètement anarchique et déstructurée en insérant des harmoniques entre ses effluves de riffs. C’est un joyeux bordel, auquel j’adhère totalement, et qui nous achève avec un bon blast-beat sans qu’on ait pu comprendre ce qui nous passé dessus.

Silent War

C’est l’heure de la ballade, sans que l’on comprenne pourquoi. Ce titre plus doux et mélodique arrive comme un cheveu dans la soupe. On ne sait pas si le groupe a voulu tester autre chose ou bien s’il a voulu écrire une chanson facile pour hameçonner un public moins réceptif. Le style tranche avec la violence du reste de l’album. La production est bonne, le court solo est agréable, le chant est beau, ce n’est pas un mauvais titre, mais il fait vite office d’intrus et n’était pas indispensable.

The Hell In Me

Il y a de l’électricité dans l’air sur l’introduction de ce titre, et l’orage ne tarde pas à tonner, à coups de riffs lourds ponctués d’harmoniques cinglées, sous un déluge rythmique à la batterie qui rappelle encore Pantera. C’est un titre menaçant à la cadence rampante comme un serpent, et l’effet est réussi et prenant.

Songs Of Obscenity

À mon sens, ce titre dévoile une surdose d’énergie qui aurait très bien pu conclure l’album. Il envoie la sauce avec un tempo percutant et des riffs dynamiques. Le refrain est plutôt fédérateur, avec un gros clin d’œil à Metallica sur une descente mélodique qui ressemble fort à celle de Seek And Destroy. Le breakdown introduis avec panache explose de manière particulièrement jouissive. Ce morceau puissant a un degré fun bien sympa.

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Break And Dominate

Comme je le disais, Songs Of Obscenity a tellement des allures de conclusion festive que cette dernière piste fait figure de bonus ou de rappel, de qualité ! C’est presque mon titre préféré de l’album, avec son rythme effréné et tranchant, sa tonalité grave et surtout son refrain agressif et accrocheur. J’adore ce final étendu magistral qui achève l’album avec un fade-out sombre et exquis laissant les chœurs hurler les dernières paroles en boucle.

Conclusion

Bien que je ne retrouve pas dans ce nouvel album l’éclat mélodique et technique du premier album metalcore, les écoutes m’ont fait apprécié ce que The Charm The Fury avait à proposer avec The Sick, Dumb & Happy. Ces nouveaux titres sont bien énervés et se concentrent davantage sur le riff et la puissance rythmique plutôt que sur des structures complexes. L’alternance anarchique des couplets sur The Future Need Us Not est la preuve que l’écrémage de The Charm The Fury n’est pas près de nous ennuyer. Ce morceau, avec bien d’autres (Weaponized, The Hell In Me, Down On The Ropes, Songs Of Obscenity), est une vraie bombe, tandis que Echoes et No End In Sight assoient leur valeur mélodique.

C’est un peu paradoxal que j’en vienne à regretter le transition d’un style que je n’aime pas dans son essence (metalcore) à un autre qui me parle davantage (le groove metal inspiré de Pantera ou de Metallica). Je suis content que ce groupe réussisse son pari et je leur souhaite d’étendre leur base de fans avec ce disque explosif.

Time has come to break and dominate

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