The Charm The Fury – A Shade Of My Former Self

On découvre parfois des groupes par le plus grand des hasards. C’est une errance sur des photos de concerts professionnelles sur internet qui m’a amené à écouter la musique de The Charm The Fury.

Je ne suis pas fan de prime abord des groupes à chanteuses qui n’offrent souvent que du cliché creux, malheureusement. Toutefois, j’ai un immense respect pour les musiciennes avec un style musical qui n’est pas caché par l’esthétique et qui remet à leur place les mecs encore bien majoritaires dans ce milieu viril qu’est le metal.

Caroline Westendorp est bien de celles qui ont une attitude bien badass, une présence vocale et scénique qui envoie du lourd et renvoie les lourdaux machos chez leurs mères.

Ma curiosité m’a poussé vers les clips de cette formation néerlandaise. P1010066Les morceaux étaient ultra accrocheurs, et j’ai creusé le filon jusqu’à écrire cette chronique. C’est un jeune groupe de metalcore qui n’a, à ce jour, sorti qu’un seul album : A Shade Of My Former Self.

Là encore, le metalcore n’est pas ma tasse de thé, de par ses écarts souvent grossiers et superficiels. Il faut parfois ravaler ses préjugés pour séparer le bon grain de l’ivraie et apprécier le gros son.

Infos album

Album studio : A Shade Of My Former Self
Groupe : The Charm The Fury
Sortie : 2013

Membres

Lucas Arnoldussen : basse
Mathijs Parent : guitare
Rolf Perdok : guitare
Mathijs Tieken : batterie
Caroline Westendorp : chant

Pistes

1 The Unveiling 1:56
2 A Testament 3:17
3 Carte Blanche 3:46
4 A Shade Of My Former Self 4:22
5 The Enemy 4:12
6 Colorblind 3:12
7 In The Wake Of Pride 1:42
8 Living Saints 3:22
9 Heartless, Breathless 3:40
10 Virtue Of Leadership 3:42
11 A New State Of Mind 4:03
12 Deliverance 4:16

Analyse

The Unveiling

Des petites notes de piano et des violons introduisent de manière solennelle, tragique et mélancolique cet album. On note un côté martial avec la caisse claire, insérant un crescendo. C’est une courte piste d’introduction très appréciable pour préparer et marquer le contenu du disque.

A Testament

Détonnant dans la continuité de la piste précédente, ce morceau rayonne par ses notes claires et dynamiques. Le rythme marque bien les mélodies de la guitare et s’avère par la suite fracassant et tranchant sur le couplet où le chant guttural fait son entrée. On suit difficilement la déferlante de riffs percutants qui nous atteint sans prévenir.

Les paroles chantées ou hurlées avec force par Caroline sont très puissantes. Le flot énergique et lourd de ce premier morceau ne l’empêche pas de briller.

Carte Blanche

Les chœurs de l’intro sont d’emblée fédérateurs et préparent un riff explosif chauffé à blanc. La bande néerlandaise marque un sacré coup avec ce titre agressif et très accrocheur. Les riffs de guitare s’enchaînent et éclatent avec autant de force, accumulant les pics d’intensité. C’est l’une des meilleures cartes dans la main du groupe sur ce disque.

Un petit interlude atmosphérique apparaît déjà à la fin de la piste pour introduire la chanson suivante.

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A Shade Of My Former Self

La mélodie plaintive qui introduit ce morceau nous fait fondre, avant d’être assaillie par une ribambelle de riffs puissants. Le rythme nous emporte à nouveau dans un flot turbulent mais bien agréable. La construction du morceau-titre ne manque pas de surprises, terminant un déluge brutal par des lignes mélancoliques irrésistibles avec des choeurs splendides.

The Enemy

La transition de la piste précédente préparait à nouveau ce titre. C’est un morceau très musclé, doté d’un breakdown bien lourd, typique du metalcore. Côté chant guttural, Caroline se trouve accompagnée de Jamie Graham qui lui donne la réplique. La chanteuse alterne bien les deux styles aisément, montrant un chant clair apaisant et lumineux sur le refrain, tout en hurlant à s’en décrochant les cordes vocales.

Colorblind

Ce morceau est une autre arme de destruction massive dans l’arsenal du groupe. La formation pose littéralement ses couilles sur la table avec les paroles « We all stand as one ». Les riffs sont bien acérés et déboulent sans préavis sur l’auditeur. La cadence lourde est à nouveau revitalisée par un refrain captivant. Un break plutôt électro est bien surprenant, sans pour autant gâcher la fête. Le chanteur de Textures Daniel De Jongh vient également poser sa voix claire sur ce morceau comme invité.

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In The Wake Of Pride

Cette piste instrumentale n’a pour seul objectif que d’offrir une respiration à l’album. Elle marque un entracte et découpe l’album en deux segments.

Living Saints

Faisant écho à A Testament, ce morceau est aussi accrocheur et éclatant avec une guitare mélodique. Il redonne la cadence avec un aplomb d’enfer. Les textes fédérateurs sont bons et font écho au titre de la piste précédente :

Let the wake of pride shine upon us and lift our spirits beyond ourselves

Le style metalcore se ressent bien, et le breakdown est littéralement époustouflant sur ce morceau. C’est à nouveau un de leurs titres emblématiques.

Heartless, Breathless

Il s’agit une fois de plus d’un titre revendicateur, fier et puissant, mais qui répètent davantage les techniques utilisées sur les précédents titres. On sent une petite redite et une lassitude sur ce morceau qui se démarque moins. Même le chant guttural de Caroline semble plus fragile sur ce titre.

Après un break faisant bien grincer la basse, le morceau connaît une nouvelle vie en dévoilant une facette bien macabre du chant crié de Westendorp. Ce final achève la piste de manière un peu brutale, mais offre une transition étonnamment bien amenée avec la piste suivante.

Virtue Of Leadership

Les coups de guitares sportifs sont tranchants et dramatiques sur les premiers accords, ce qui est un peu déstabilisant, mais ils embrayent sur un morceau fabuleux, qui se démarque par ses mélodies envoûtantes derrière la sauvagerie des riffs. Le chant est remarquablement fédérateur, portant toute la puissance du groupe. Instrumentalement, les musiciens se déchaînent sur un rythme hypnotisant et un solo de guitare bien mélodique, libérés par les paroles concluant magnifiquement le morceau :

Is this what you call life?
Every step you take is another one away from the heart

Difficile de continuer après ce final intense et épique. On aura bien pu s’attendre à ce qu’il achève l’album en beauté.
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A New State Of Mind

Le ton rude et tapageur embraye direct, comme un poing dans la gueule, mais le cœur n’y est plus. Il faudra attendre quelques riffs plus loin pour nous agiter à nouveau. C’est un morceau plutôt complexe, éparpillé, confus, et moins facile d’approche, qui ne se révèle pas totalement. Le breakdown bien pesant est plutôt divertissant, mais ne parvient pas à sauver ce titre transitoire.

Deliverance

L’ambiance est sombre et tragique sur ce morceau, très dynamique malgré tout, comme s’il voulait fatalement se battre jusqu’au bout avec dignité. C’est réussi, car s’il n’est pas aussi accrocheur que d’autres pistes de l’album, ce morceau n’en est pas moins épique et explosif, avec des guitares très tranchantes. Les breakdowns sont percutants, et la mélodie qui conclue l’album est très bien amenée. Caroline révèle à nouveau des paroles puissantes pour finir avant un bon solo de guitare. C’est un clou réussi et frappé avec goût.

Life and death will intertwine
Leading me astray from all I know

Conclusion

La découverte de ce jeune groupe me rappelle inévitablement le talent de Mutiny Within, qui avait sorti un premier album éponyme de grande qualité. La mélodie, la dynamique et la fulgurance P1010049des riffs. Tout est là, et superbement construit, emportant l’auditeur sur le passage avec des accroches fantastiques. Je leur souhaite de continuer sur cette lancée et de ne pas finir comme Mutiny Within qui n’a pas pu décemment réitérer l’exploit et s’est fatalement essoufflé après un beau premier effort.

Ce premier album mériterait plus d’attention, car il déborde d’énergie. C’est un disque très plaisant à suivre, bouillonnant de riffs, rempli de charme et de furie, porté par des lignes mélodiques (guitares et chant clair) lumineuses. Voilà qu’il me fait aimer le metalcore. Dank je!

Give me your sorrows, we’ll carry them all back home

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