La La Land

How are you gonna be a revolutionary if you’re such a traditionalist? You hold onto the past, but jazz is about the future.

la la land_img2C’est le nouveau succès populaire et critique du début d’année 2017, la nouvelle coqueluche hollywoodienne du public. Après le brillant Whiplash, le jeune réalisateur américain Damien Chazelle est l’auteur de La La Land, un film aux allures de comédie-musicale porté par le duo vedette Emma Stone et Ryan Gosling.

Ce film dans la pure veine hollywoodienne a reçu l’approbation du public, enchanté par l’histoire d’amour à la fois moderne et rétro, ainsi que de l’Académie. Récompensé par six Oscars, La La Land rappelle qu’Hollywood aime se contempler et s’auto-congratuler.

Au-delà de l’agitation mondaine des récompenses, que penser de ce nouveau long-métrage populaire ? Que nous raconte ce conte musical ?

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Only God Forgives

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Time to meet the devil.

Jamais je n’aurais autant attendu un film. Déjà très tôt, j’avais pris connaissance du tournage d’un long métrage de Nicolas Winding Refn en Thaïlande, au vague titre de Only God Forgives.

Puis, ce projet s’est progressivement éclairci, avec de plus en plus d’éléments à faire baver : une vidéo de Winding Refn contemplant un mur où étaient collés des post-its retraçant tout le fil du film, des photos du tournage avec Ryan Gosling en sang à papoter avec Gaspar Noé, des bandes-annonces aux couleurs rouges pour rappeler les films de ce dernier, des affiches, des critiques à tout va sur la Croisette, une sortie française à laquelle je n’ai pas assisté, étant au Canada, où la sortie n’avait lieu que deux mois plus tard.

Le jour J est enfin arrivé et c’est une attente d’environ dix mois qui s’est achevé dans une salle de cinéma québécoise, la seule à projeter le film.

Après le chamboulement que m’avait procuré Drive, on peut très bien expliquer pourquoi j’étais armé d’une telle patience alliée à une excitation névrotique. Les critiques négatives et les huées au festival de Cannes, auquel le film participait en compétition officielle, n’étaient pas parvenues à entacher ma motivation, bien au contraire.

Fallait-il s’attendre à un « Drive 2 », avec encore une fois la star Ryan Gosling au casting, de la part d’un réalisateur qui a réalisé Le guerrier silencieux et Bronson avant un écart hollywoodien ? C’est probablement ce qu’a dû croire le petit monde de la Croisette qui espérait retrouver la candeur clinquante du carton motorisé de 2011. Pour ma part, j’espérais un film plus authentique et perturbant, du pur NWR, et ces critiques m’ont donné de l’espoir avant de me donner raison.

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The Place Beyond The Pines

If you ride like lightning, you’re going to crash like thunder.

place-beyond-pines_img1Après le succès de Drive, on avait ouvert la voie vers la Gosling-mania. Voilà que le Canadien devient le nouveau sex symbol d’Hollywood, d’après un engouement que l’on sait capricieux et éphémère. Il n’en tient qu’à l’acteur, s’il a suffisamment de recul et d’intelligence, pour ne pas rester cloisonné là où on l’attend. D’autres stars comme Brad Pitt, Leonardo DiCaprio, ou Ben Affleck derrière la caméra, on su transformer l’essai et ne pas rester cantonnés à leur image de beau gosse.

À la suite du film de Winding Refn, Ryan Gosling réapparaît aux côtés d’un réalisateur qu’il connaît bien, Derek Cianfrance. Le duo s’est déjà rencontré pour Blue Valentine. À croire que l’acteur a une relation particulière avec ses metteurs en scène.

Dans ce nouveau film, intitulé The Place Beyond The Pines, l’acteur apparaît décoloré, tatoué à l’excès, en bandit minable ayant troqué sa panoplie de chauffeur contre le casque de moto. S’agit-il d’un Drive bis ? Non, mais plus grâce au scénario de Cianfrance qu’à la performance de la star.

En lisant les critiques avant de voir le film, j’ai tout de suite été averti que l’intrigue ne devait pas être dévoilée pour mieux apprécier le film, tant les rebondissements sont puissants. Par conséquent, si vous n’avez pas déjà vu The Place Beyond The Pines, je vous invite, dans un premier temps, à réparer votre erreur dès que possible, mais surtout à lire la suite quand même, car je resterai discret et allusif, sans rien révéler sur ces tournants.
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Drive

I give you five minutes when we get there. Anything happens in that five minutes and I’m yours. No matter what. Anything a minute on either side of that and you’re on your own. I don’t sit in while you’re running it down. I don’t carry a gun. I drive.

drive_img1Le film de Darren Aronofsky, Black Swan, était pour moi le long-métrage le plus brillamment orchestré parmi ceux sortis en 2011 (et que j’ai pu voir), grâce à sa mise en scène symbolique et flamboyante. Seulement, un film américain réalisé par le danois Nicolas Winding Refn est venu semer le doute dans mon palmarès, comme un farouche fantasme extra-conjugal vient perturber l’esprit d’un bon père de famille. Drive m’a poursuivi quelques temps après l’avoir vu, gardant les plans et les mélodies tourner dans mon crâne des semaines durant. Cette sensation mérite de porter une grande attention à sa source. Après l’avoir vu, Irréversible m’a aussi hanté de manière plus brutale encore, le principe est le même.

Je ne reviens pas sur mon choix cornélien, cependant là où Black Swan m’a fait frissonner et bouillonner dans la salle noire, celui-ci a explosé à retardement, dans la durée, mais avec quelle intensité. Quoiqu’on en dise, ce film vaut la peine de creuser, parce que j’en conserve encore les cicatrices.

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