The Charm The Fury – The Sick, Dumb & Happy

dumb-sick-happy_img2La découverte du premier album de ce jeune groupe d’Amsterdam m’avait bien enthousiasmée et incitée à suivre leurs activités. La qualité mélodique et technique de ce disque de metalcore était au rendez-vous.

Quatre ans après A Shade Of My Former Self, The Charm The Fury était de retour début 2017 pour un second album intitulé The Sick, Dumb & Happy, à la pochette bien plus colorée. Les teintes vives rose et jaune tranchent avec les couleurs habituellement utilisées dans le metal, sans remettre en question la virulence du contenu. L’effet visuel original est même plutôt perturbant.

Dès les premières écoutes des nouveaux morceaux, j’ai pu remarquer un changement d’orientation musicale. Les structures metalcore plus techniques du premier album ont laissé place à des riffs plus bruts et punchy à la Pantera, tout en conservant l’alternance du chant guttural et clair de la chanteuse Caroline Westendorp. Un peu déçu par ces premières écoutes, j’ai persévéré et acheté le disque (il faut soutenir ces groupes) pour préparer au mieux leur concert au festival Sziget. Je vais gâcher la surprise : j’ai bien fait !

Les thèmes des chansons évoquent la situation politique du monde et le combat intérieur ou actif des citoyens contre les injustices et les conflits. D’après le groupe, le son plus brut et sans fioriture technique est une expression plus impulsive en réaction aux événements actuels.

D’autres changements entourent cette nouvelle sortie de The Charm The Fury : le guitariste Mathijs Parent a quitté le groupe pour se concentrer sur sa vie personnelle, remplacé par Martijn Slegtenhorst ; tandis que Rolf Perdok, guitariste soliste sur The Sick, Dumb & Happy, a quitté la bande pour des raisons similaires peu après la sortie de l’album.

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Metallica – Hardwired… To Self-Destruct

P1060969Huit ans. Presque une décennie. C’est le temps qui sépare la sortie du nouvel album de Metallica intitulé Hardwired… To Self-Destruct de celle de son prédécesseur Death Magnetic en 2008. J’étais encore au lycée à cette époque-là, quand j’ai découvert avec excitation les premières notes de cet opus du retour aux sources. Dire que j’ai eu le temps de finir mes études entre temps.

Peut-on affirmer que le groupe a chômé pendant ces huit longues années ? Faisons les comptes : aux regards des statistiques, le groupe a fait 366 concerts entre 2008 et 2016, étalés sur chaque année et sur chaque continent, et sorti en 2011 un double-album avant-gardiste avec Lou Reed (Lulu), ainsi qu’un film musical en 2013, Through The Never, avec Dane DeHaan.

Parmi les performances live, qui font leur renommée, on peut compter une série de concerts historiques avec Megadeth, Slayer et Anthrax (connus comme le « Big Four » du thrash metal américain) ; une semaine entière de célébration pour leur trente ans dans la salle mythique du Fillmore avec de nombreux invités célèbres et des raretés en rétrospective ; une tournée en l’honneur du Black Album affichant une date historique au Stade de France en 2012 ; une série de concerts à Mexico City et au Canada avec des effets spectaculaires conçus pour le film Through The Never ; une tournée en 2014 donnant l’occasion aux fans de créer leur set-list rêvée ; un concert unique en Antarctique ; un festival Orion Music + More monté par le groupe sur deux éditions à Atlantic City en 2012 et à Détroit en 2013. Malgré l’alléchante distribution de ce festival et les nombreuses surprises organisées par le groupe (des albums phares joués en intégralité, des expositions et autres rencontres), ce projet de festival fut un gouffre financier, tout comme l’album avec Lou Reed et le film Through The Never.

La raison d’un tel fossé entre la sortie des deux albums de Metallica est donc plutôt la priorité donnée à des projets plus ambitieux. La question d’un successeur à Death Magnetic s’est posée au groupe chaque année, et les musiciens assuraient que ce n’est pas l’inspiration qui leur manquait, que des tonnes de riffs étaient dans les tiroirs.

P1060971Comme pour l’album précédent, le groupe avait fait monter la pression en jouant en concert un nouveau morceau (peu inspiré), Lord Of Summer, qui ne figurait finalement pas sur la galette finale. La sortie du fameux nouvel album s’est concrétisée au printemps 2016 lorsqu’une date de sortie et des détails du contenu ont été révélés.

Là encore, le bon goût de la pochette est très discutable. Il s’agit également d’un double-album, avec six pistes sur chaque disque. C’est un format déjà exploité récemment par Iron Maiden pour The Book Of Souls. Les vieux groupes de metal ont donc autant de matière à partager ! Il nous tarde de voir si la quantité rejoint la qualité.

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La La Land

How are you gonna be a revolutionary if you’re such a traditionalist? You hold onto the past, but jazz is about the future.

la la land_img2C’est le nouveau succès populaire et critique du début d’année 2017, la nouvelle coqueluche hollywoodienne du public. Après le brillant Whiplash, le jeune réalisateur américain Damien Chazelle est l’auteur de La La Land, un film aux allures de comédie-musicale porté par le duo vedette Emma Stone et Ryan Gosling.

Ce film dans la pure veine hollywoodienne a reçu l’approbation du public, enchanté par l’histoire d’amour à la fois moderne et rétro, ainsi que de l’Académie. Récompensé par six Oscars, La La Land rappelle qu’Hollywood aime se contempler et s’auto-congratuler.

Au-delà de l’agitation mondaine des récompenses, que penser de ce nouveau long-métrage populaire ? Que nous raconte ce conte musical ?

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Alter Bridge – The Last Hero

P1060962Trois ans après la sortie de l’album Fortress, très réussi, Alter Bridge continue sur sa lancée en parallèle des projets de ses leaders. Myles Kennedy chante toujours aux côtés de Slash, et Mark Tremonti s’est davantage investi dans sa carrière solo avec la sortie de deux albums en 2015 et 2016.

Cette créativité prolifique ne semble pas impacter Alter Bridge, qui a sorti fin 2016 un cinquième album : The Last Hero. Le disque aborde des thèmes plus sombres comme la crainte de l’abandon des politiques et le climato-scepticisme, tandis que sa sortie concorde avec l’élection de Donald Trump aux États-Unis.

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Opeth – Sorceress

P1060948La troupe suédoise de metalleux reconvertis au rock progressif poursuit ses explorations dans des influences d’une décennie passée (les années 70). Après deux albums où Opeth s’est écarté du style death metal qui a fait sa renommée, son commandant Mikael Akerfeldt ne compte apparemment pas s’arrêter là. Au risque de vous gâcher la surprise, ce nouvel album reprend le style de son très bon prédécesseur Pale Communion, sans chant guttural donc.

Sorceress a été composé presque intégralement par Akerfeldt et enregistré aux Pays de Galles comme le précédent. C’est toutefois le premier album depuis Ghost Reveries qui n’est pas produit sous l’écurie Roadrunner. Le douzième album d’Opeth est produit sous leur propre label Moderbolaget suite à un contrat signé avec Nuclear Blast.

La pochette est toujours signée du créateur Travis Smith et illustre remarquablement le thème principal de l’album : les aspects négatifs de l’amour, comme la jalousie, les coups bas et la paranoïa. Le paon trônant sur des cadavres avec le sang au bec est encore très bien trouvé par l’artiste pour décrire l’allure noble de la musique d’Opeth, qui cache son côté malsain derrière de beaux ornements. Le personnage de la sorcière va à ravir à l’esthétique du groupe.

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Gojira – Magma

La fierté nationale des métalleux français est de retour des studios avec un nouveau disque quatre ans après L’Enfant sauvage, soit le même temps d’attente qu’avec l’album précédent. Gojira a sorti cet été 2016 l’album Magma, enregistré au Silver Cord Studio à New York, construit par le chanteur et guitariste Joe Duplantier.

P1020725Pour la première fois, on a pu voir le groupe fait une promotion pour cet album sur un grand nombre de médias, notamment les plus généralistes. La presse s’est intéressée à cette formation de la campagne des Landes qui va jouer du metal à l’étranger avec les plus grands, sans que le grand public français ne sache qui ils sont ni ne ce qu’est réellement le metal. La coïncidence de la sortie de l’album avec leur concert au Hellfest, le festival de metal le plus populaire en France, a pu braquer davantage la lumière sur eux. Même si le metal extrême reste réservé à une élite mélomane, le groupe a envie de s’étendre, de partager la flamme de la musique, et vu leur talent et leur intégrité artistique, ils méritent d’être populaire, cela ne fait aucun doute.

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The Neon Demon

Beauty is not everything, it’s the only thing

neon-demon_img1Retour à Los Angeles pour Nicolas Winding Refn après une aventure en Thaïlande, où le réalisateur avait tourné Only God Forgives. Doit-on s’attendre à un retour au style de Drive ? Rien n’est moins sûr.

J’avais déjà indiqué dans la dernière chronique du cinéaste qu’il ne fallait voir dans Drive qu’un écart populaire pour un auteur qui est habitué aux sorties de route artistiques. Nostalgiques, les critiques et la Croisette n’ont pas tardé à faire la moue.

La bizarrerie de NWR a trouvé un nouveau décor pour le nouveau film The Neon Demon : l’univers vorace du mannequinat. Fort de thèmes critiques et de personnages féminins puissants, le réalisateur admettait avoir fait un film « féministe ». Aveu ou sarcasme ?

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Red Hot Chili Peppers – The Getaway

Le départ du guitariste John Frusciante m’avait fait P1020727perdre intérêt dans les Red Hot Chili Peppers, affectés dans l’harmonie entre les quatre musiciens et leurs personnalités.

J’avais soigneusement snobé l’album I’m With You, enregistré avec Josh Klinghoffer, remplaçant de Frusciante qui travaillait déjà dans l’ombre avec les Red Hot et avait déjà collaboré avec l’ancien guitariste sur ses projets solos.

Cinq ans après I’m With You, les Californiens sont de retour avec The Getaway, un nouvel album suivi d’une tournée. Le premier single, Dark Necessities, m’avait transporté à la première écoute et continue toujours, et je sentais l’envie de voir ce groupe un jour en concert. J’ai donc acheté un billet ainsi que l’album pour connaître le groupe tel qu’il était en 2016, 25 ans après Blood Sugar Sex Magik et 18 ans après Californication.

La pochette très réussie de l’album est une peinture de l’artiste Kevin Peterson, dans laquelle les quatre musiciens se sont reconnus : l’ours serait Chad Smith, la fille serait Josh Klinghoffer, le raton-laveur serait Flea et le corbeau, Anthony Kiedis.

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Haken – Affinity

Haken est un nom qui était sur les lèvres de tous les aficionados de Dream Theater, comme un nouveau grand cru de metal progressif. Le groupe de John Petrucci et de Mike Portnoy a fait des émules et a inspiré toute une génération de progeux techniques. Les groupes ont pullulé dans cette veine, et Haken fait partie de ceux dont l’ombre de Dream Theater flotte toujours aux alentours.

Ne pouvant échapper aux éloges faites à ce groupe anglais, je n’ai pas manqué d’écouter leurs morceaux, sans jamais vraiment accroché malgré mes efforts. La voix du chanteur m’a toujours coupé dans mon élan.

affinity_img1C’est la sortie de leur récent album Affinity qui m’a donné une vraie occasion d’accrocher à leur musique. Il s’agit du premier album enregistré après le départ du bassiste Thomas MacLean, sans compter l’E.P Restoration. Le succès critique de l’album précédent, The Mountain, avait fait monter l’attente pour ce groupe connu pour la qualité homogène de ses disques.

Contrairement aux précédents albums écrits majoritairement par le guitariste Richard Henshall, la composition a été réalisée par l’ensemble du groupe. Bien que les auteurs soient un peu frileux pour parler de concept album, les thèmes de l’informatique, de l’évolution de la machine et du rapport avec l’humain sont forts et récurrents à travers tout le disque. L’univers du logiciel et l’esthétique très années 80 de l’album, autant visuellement que musicalement, évoquent un univers geek assez charmant.

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The Charm The Fury – A Shade Of My Former Self

On découvre parfois des groupes par le plus grand des hasards. C’est une errance sur des photos de concerts professionnelles sur internet qui m’a amené à écouter la musique de The Charm The Fury.

Je ne suis pas fan de prime abord des groupes à chanteuses qui n’offrent souvent que du cliché creux, malheureusement. Toutefois, j’ai un immense respect pour les musiciennes avec un style musical qui n’est pas caché par l’esthétique et qui remet à leur place les mecs encore bien majoritaires dans ce milieu viril qu’est le metal.

Caroline Westendorp est bien de celles qui ont une attitude bien badass, une présence vocale et scénique qui envoie du lourd et renvoie les lourdaux machos chez leurs mères.

Ma curiosité m’a poussé vers les clips de cette formation néerlandaise. P1010066Les morceaux étaient ultra accrocheurs, et j’ai creusé le filon jusqu’à écrire cette chronique. C’est un jeune groupe de metalcore qui n’a, à ce jour, sorti qu’un seul album : A Shade Of My Former Self.

Là encore, le metalcore n’est pas ma tasse de thé, de par ses écarts souvent grossiers et superficiels. Il faut parfois ravaler ses préjugés pour séparer le bon grain de l’ivraie et apprécier le gros son.

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