Metallica – Hardwired… To Self-Destruct

P1060969Huit ans. Presque une décennie. C’est le temps qui sépare la sortie du nouvel album de Metallica intitulé Hardwired… To Self-Destruct de celle de son prédécesseur Death Magnetic en 2008. J’étais encore au lycée à cette époque-là, quand j’ai découvert avec excitation les premières notes de cet opus du retour aux sources. Dire que j’ai eu le temps de finir mes études entre temps.

Peut-on affirmer que le groupe a chômé pendant ces huit longues années ? Faisons les comptes : aux regards des statistiques, le groupe a fait 366 concerts entre 2008 et 2016, étalés sur chaque année et sur chaque continent, et sorti en 2011 un double-album avant-gardiste avec Lou Reed (Lulu), ainsi qu’un film musical en 2013, Through The Never, avec Dane DeHaan.

Parmi les performances live, qui font leur renommée, on peut compter une série de concerts historiques avec Megadeth, Slayer et Anthrax (connus comme le « Big Four » du thrash metal américain) ; une semaine entière de célébration pour leur trente ans dans la salle mythique du Fillmore avec de nombreux invités célèbres et des raretés en rétrospective ; une tournée en l’honneur du Black Album affichant une date historique au Stade de France en 2012 ; une série de concerts à Mexico City et au Canada avec des effets spectaculaires conçus pour le film Through The Never ; une tournée en 2014 donnant l’occasion aux fans de créer leur set-list rêvée ; un concert unique en Antarctique ; un festival Orion Music + More monté par le groupe sur deux éditions à Atlantic City en 2012 et à Détroit en 2013. Malgré l’alléchante distribution de ce festival et les nombreuses surprises organisées par le groupe (des albums phares joués en intégralité, des expositions et autres rencontres), ce projet de festival fut un gouffre financier, tout comme l’album avec Lou Reed et le film Through The Never.

La raison d’un tel fossé entre la sortie des deux albums de Metallica est donc plutôt la priorité donnée à des projets plus ambitieux. La question d’un successeur à Death Magnetic s’est posée au groupe chaque année, et les musiciens assuraient que ce n’est pas l’inspiration qui leur manquait, que des tonnes de riffs étaient dans les tiroirs.

P1060971Comme pour l’album précédent, le groupe avait fait monter la pression en jouant en concert un nouveau morceau (peu inspiré), Lord Of Summer, qui ne figurait finalement pas sur la galette finale. La sortie du fameux nouvel album s’est concrétisée au printemps 2016 lorsqu’une date de sortie et des détails du contenu ont été révélés.

Là encore, le bon goût de la pochette est très discutable. Il s’agit également d’un double-album, avec six pistes sur chaque disque. C’est un format déjà exploité récemment par Iron Maiden pour The Book Of Souls. Les vieux groupes de metal ont donc autant de matière à partager ! Il nous tarde de voir si la quantité rejoint la qualité.

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Exodus

De gauche à droite : T. Hunting, J. Gibson, S. Souza, L. Altus, G. Holt

De gauche à droite : T. Hunting, J. Gibson, S. Souza, L. Altus, G. Holt

Les débats sont légions au sein de la communauté metalleuse. Définir les groupes les plus influents du thrash metal américain (le fameux « Big Four of Thrash Metal ») est l’un des sujets les plus discutés. Si les places du podium sont quasi unanimement réservées à Metallica, Megadeth et Slayer, la quatrième place est sujette à débat. Officiellement, Anthrax complète la liste, d’après un consensus fondé sur les ventes de disques.

De mon côté, il est clair que la quatrième pilier du thrash est Exodus, notamment de par ses racines communes avec les autres pionniers. Fondé en 1979 par Tom Hunting et Kirk Hammett avant que ce dernier ne rejoigne Metallica en 1983, Exodus est un groupe né autour de la baie de San Francisco, comme ses comparses de la Bay Area. Inutile de préciser que la troupe baignait dans le même cercle que les trois grands groupes de thrash californien.

Menée par son principal compositeur et guitariste emblématique, Gary Holt, la bande furieuse a fait grand bruit avec son premier album Bonded By Blood en 1985, chef d’oeuvre ultime de thrash marqué par le chant inhabituel du frontman extrême Paul Baloff. Le duo de guitaristes Holt et Hunolt formèrent la « H-team ». Mais ces frères de sang ne rencontrèrent pas le succès de Metallica et les albums suivants ne purent surpasser le premier ou tenir la barre. Baloff fut évincé et remplacé par Steve Souza, qui officiait chez Testament, autre grand nom du thrash californien.

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Metallica – Prague – 08/07/2014

Groupe : Metallica
Date : Mardi 8 juillet 2014
Festival : Aerodrome
Ville : Prague

C’était aussi l’un des gros arguments pour venir bosser en stage à Prague : Metallica y passait pour sa tournée européenne alors que la France était carrément snobée.

P1060532De plus, il s’agissait de leur tournée By Request où le public était interrogé pour élaborer les set lists. Une initiative innovante et participative, où les fans peuvent choisir leurs chansons. Après avoir acheté un billet, il était possible d’accéder à une plateforme où l’on pouvait voter pour 17 chansons.

Malheureusement, alors qu’il s’agissait d’une occasion rêvée pour entendre des titres rares voire inédits en concert, les « fans » ont voté pour des chansons qui reviennent tout le temps. Quel intérêt de demander l’avis des fans si c’est pour obtenir des set lists basiques ? C’était vraiment donner de la nourriture aux cochons. Même le groupe a dû être déçu de ne pas avoir plus de challenge.

C’était en effet une initiative très bien organisée qui montre la flexibilité du groupe, toujours dévoué à ses fans. Les musiciens se sont pliés à la demande du public et ont revisité quelques chansons rares. Au moins un événement marquant : The Frayed Ends Of Sanity, jamais joué en live, avait été interprété intégralement en Finlande. Voilà des vrais fans.
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[Photos] Metallica – 08/07/2014

Groupe : Metallica
Date : Mardi 8 juillet 2014
Festival : Aerodrome
Ville : Prague
Compte-rendu : Metallica – 08/07/2014

Metallica Through The Never

Give me fuel, give me fire, give me that which I desire.

metallica-through-the-never_img1 Une critique de film, une chronique d’album ou un compte-rendu de concert ? Rien que dans le format de mon article, cet objet concocté par Metallica allait me poser des problèmes.

C’est leur dernier film en 3D, intitulé Through The Never, qui m’avait valu ce déplacement jusqu’à Paris pour l’avant-première au Grand Rex. Monter sur la capitale était l’occasion de voir le film dans des conditions idéales sur un écran IMAX, rencontrer Lars Ulrich et Kirk Hammett venus faire la promotion de leur création et revoir bien évidemment des amis sur la capitale.

Parce que c’est un évènement musical autant qu’une œuvre cinématogra- phique, je ferai un mélange d’articles originellement dédiés pour un DVD live, une sortie ciné et un spectacle.

Cela faisait longtemps que la rumeur de ce projet de film en 3D courait et en voici l’achèvement. Ce projet dépasse celui d’une sortie d’un énième concert enregistré, pour deux raisons. La plus importante est que le groupe a tenu à montrer des images élaborées des concerts enregistrés à Vancouver les 24, 25 et 27 août 2012 et d’y ajouter une intrigue parallèle. La référence au film The Song Remains The Same de Led Zeppelin, qui exploitait ce même format de concert entrecoupé d’images de fiction, n’a pas tardé à résonner.

La deuxième raison est que cette série de concerts canadiens révélait une prestation scénique très spectaculaire. Le groupe avait sorti l’artillerie lourde avec une scène centrale incroyablement grande et des accessoires qui faisaient écho à leur carrière en concert. On retrouve la statue Doris d’And Justice For All qui s’écroule, les croix de cimetière de Master Of Puppets, les cercueils de Death Magnetic, les accidents en cascades comme sur le Cunning Stunts. On découvre aussi des nouveautés comme les bobines Tesla qui envoient des éclairs sur la chaise de Ride The Lightning ou une cuvette de chiotte en référence à la pochette de Metal Up Your Ass (la démo du premier album). Cela sans oublier les batteries d’effets pyrotechniques, d’explosions et de lasers.

Une vaste architecture qui a nécessité plus d’un an de préparation pour huit dates à Mexico (soit deux semaines où le Palacio de los Deportes était calé sur l’heure de Metallica, tout de même !) puis quatre dates canadiennes (à Edmonton et Vancouver). Une cinquième journée de concert au Canada dût être programmée pour finaliser les prises de vue du concert à Vancouver.

Voilà pour les préliminaires de ce film, que je vous propose de découvrir comme je l’ai découvert.

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Metallica – Quebec Magnetic

P1020174Depuis la sortie de l’album de leur retour, Death Magnetic, on ne compte plus les captations en concert que Metallica a dévoilé. Un DVD en France aux Arènes de Nîmes (Français pour une nuit), un DVD au Mexique (Orgullo, Pasión, y Gloria: Tres Noches en la Ciudad de México), un DVD en Bulgarie à l’occasion de la tournée du Big Four, et maintenant ce DVD au Québec, qui, contrairement aux autres, sort trois ans après son enregistrement sur scène.

Au total, quatre produits live pris sur la tournée World Magnetic, sans parler du prochain film 3D enregistré à Vancouver l’an dernier. Il faut dire que le groupe n’est pas aussi avare en concerts qu’en album studio, ce qui explique que les enregistrements live fleurissent davantage.

Par ailleurs, même si je dis « album de retour », je pense que Metallica a toujours été présent sur la scène. Disons qu’après St. Anger et avec la bonne réception de Death Magnetic, le groupe revient relativement des enfers. On imagine bien qu’il veuille faire durer le plaisir.

Qu’est-ce que cet unième DVD peut apporter de nouveau ? Il a été enregistré à Québec, et cette particularité est tout ce qui comptait pour moi quand je l’ai acheté. En séjour pendant quelques mois à Montréal, c’était un peu l’occasion de saisir cet objet, d’autant plus que son prix était très attractif. Seulement 12$ (sans taxes), soit environ 10€, comparé aux autres DVDs du magasin qui affichaient le double. Il fallait toutefois bien vérifier le code région pour que disque soit lisible partout dans le monde.

Hormis cette préférence locale, la particularité de ce disque est aussi qu’il est le premier article sorti par le groupe sous son propre label, Blackened Recordings. On peut facilement ironiser en disant que Metallica est devenu un groupe indé.

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Reprise de l’album …And Justice For All (Metallica)

Image de prévisualisation YouTube
Titres : Blackened
…And Justice For All
Eye Of The Beholder
One
The Shortest Straw
Harvester Of Sorrow
The Frayed Ends Of Sanity
To Live Is To Die

Dyers Eve
Groupe : Metallica
Album : …And Justice For All
Instrument(s) : Guitare électrique Ibanez RG 3550MZ

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Metallica

De gauche à droite : L. Ulrich, K. Hammett, R. Trujillo, J. Hetfield

De gauche à droite : L. Ulrich, K. Hammett, R. Trujillo, J. Hetfield

Formation californienne hautement mythique. L’incarnation du metal dans ce qu’il a de plus fédérateur. Rares sont les métalleux à ne pas respecter Metallica et encore moins à ne pas les connaître. Beaucoup, comme moi, ont découvert le genre grâce à eux. Ils ont laissé une empreinte indélébile sur le style et ont signé des hymnes ayant une portée extraordinaire.

Metallica est définitivement l’un des groupes les plus importants pour moi. Il a été ma porte d’entrée vers le metal. Sans connaître le groupe, on m’a appris la ballade Nothing Else Matters à la guitare puis je suis revenu sur leur album St. Anger, le premier album de metal que j’ai acheté de ma vie, en me disant « c’est du metal mais j’aime bien, j’en achèterai pas plus ». Vous vous doutez bien que je ne suis pas resté campé sur mes positions, la preuve est sur mon blog. Bien que cet album tourmenté ait été incendié à tort ou à raison, c’est un album que j’ai beaucoup aimé et qui correspond à une partie de ma vie sur laquelle j’ai tourné une page.

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