Red Hot Chili Peppers – Prague – 04/09/2016

Groupe : Red Hot Chili Peppers
Date : Dimanche 4 septembre 2016
Lieu : O² Arena
Ville : Prague
Première
partie :
Deap Vally

P1060363Indéniablement, les Red Hot Chili Peppers sont un groupe de scène. N’importe quel fan ayant vu des vidéos de leurs concerts ou écouté en boucle le Live In Hyde Park sorti en 2004 (comme c’est mon cas) sait que la bande de Californiens est capable de transcender leurs morceaux par des prestations survoltées et des improvisations démentes.

Je me rappelle avoir voulu assister à leur concert au Parc des Princes en 2007, mais on ne fait pas toujours ce qu’on veut quand on a 15 ans (et j’avais déjà été au Hellfest cette année-là). Entre temps, le guitariste emblématique John Frusciante a quitté le groupe et je suis resté sur ce sentiment frustrant d’avoir loupé le coche. Leur passage à Prague pour leur tournée de l’album The Getaway, que j’ai décortiqué en préparation, m’a donné l’occasion de me replonger dans mon adolescence.

Le rock des Red Hot est synonyme de vacances, de soleil et de plages. Je revenais le jour même d’un voyage en Croatie, et ce concert terminait de la meilleure des façons mon congé estival. Après une semaine à la mer et sur la route, nous étions un peu fatigués avec ma copine, mais la perspective de ce concert nous enchantait. À peine les sacs à dos déposés, nous nous dirigions vers l’O² Arena de Prague en compagnie de notre collègue rockeuse Lauriane, à qui nous avions pu trouver une place en fosse de manière inespérée.

Car pas question d’être en gradins pour ce concert mouvementée. Nous nous sommes placés au centre de la salle, dans la fosse parmi le public fringant, bien qu’agréablement hétéroclite, de toutes générations, de tous styles et de tous sexes.

P1060307En première partie, le duo féminin de Los Angeles Deap Vally a chauffé la grande salle à partir de 20h. Une guitare et une batteuse, toutes deux chanteuses, ont révélé leurs compositions bien rock et mal léchées. La voix de la guitariste était très sauvage, taillée pour le rock, et ne faiblissait pas. Certaines chansons étaient plus intéressantes que d’autres, plus pataudes, mais c’est surtout le groove qui manquait, avec un jeu de batterie un poil brouillon et des lignes de guitare assez fades. Cette prestation de 40 minutes était sympathique, bien que sans grande surprise.

Peu de temps après, les quatre musiciens tant attendus ont fait leur entrée comme d’ordinaire sur un bœuf avec panache. On ne voyait pas grand-chose de ce qui se passait sur scène à ce moment, car le public était au taquet. Quelques minutes après, sans prévenir, les notes de Can’t Stop ont retenti, enflammant littéralement la foule et notre trio spectateurs sur ce tube.

Toute une cohorte de lumières cylindriques est descendue au-dessus de la fosse pour donner un véritable ballet lumineux éblouissant pendant le morceau. Les écrans géants ont à leur tour complété le spectacle visuel par des animations colorées parfois étranges mais globalement très classes. Ce lightshow était le gros point fort du concert tout au long du concert.

P1060373Sur le morceau suivant Suck My Kiss, tiré de Blood Sugar Sex Magik avec ses riffs punchy et ultra groovy, les écrans projetaient les images du groupe filmé en train de jouer, ce qui nous a sauvé, car à notre distance, nous devions nous mettre sur la pointe des pieds pour apercevoir les musiciens. Les écrans pouvaient se diviser en quatre, en deux, ou ne former qu’un bloc, multipliant les configurations selon les morceaux.

Fidèle à leur réputation, les rockeurs américains avaient une très bonne présence sur scène, bougeant sans cesse. Le turbulent Flea a régalé, offrant du slap, des lignes de basse fluides et une entrée en marchant sur les mains sur le rappel. Même à cinquante piges, malgré leurs rides bien visibles, les Red Hot Chili Peppers ont toujours une patate juvénile et le sens du groove. Cela s’est vu sur leurs interprétations les plus funky.

Le batteur Chad Smith paraissait parfois un peu faible, mais d’autres passages explosifs ont prouvé que l’aîné de la bande a toujours de la frappe. Bien que relativement statique et plus aussi sexy qu’avant (bonjour la moustache et les bourrelets), Anthony Kiedis a une voix éclatante qui ne change pas. Même si Frusciante m’a manqué, Josh Klinghoffer a très bien tenu le show avec des bons solos neufs et il a la classe sur scène.

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La setlist a compté des grands classiques comme Scar Tissue, Snow ((Hey Oh)), Under The Bridge, qui ont chacun envoûté le public, Californication chanté avec ferveur par le public, tout comme By The Way qui a donné un sacré coup de fouet à la foule sautillante, le pic de fièvre de la soirée.

Le dernier album The Getaway était bien représenté avec le single fantastique Dark Necessities, mais aussi Goodbye Angels et Dreams Of A Samurai, qui étaient deux surprises pour moi. Ce dernier a été joué en rappel, ce qui semblait casser l’ambiance avec son intro au piano triste. Toutefois, sa ligne de basse en 10/4, son atmosphère épique et son putain de solo de batterie monstrueux sur le final ont su prouvé pourquoi ce morceau avait sa place dans la setlist. C’est devenu l’un des passages les plus introspectifs et marquants du concert. Ce sont mes morceaux préférés du nouvel album. À côté de ça, je me serai bien passé de Sick Love et P1060347de Go Robot, qui a requis la présence d’un pianiste, d’un percussionniste et d’un second bassiste (!), car il faut dire que la ligne de basse est folle.

Il manquait peut-être un bon Dani California bien rock et un autre titre en rappel, avant le bouillonnant Give It Away, très sauvage et funk. J’aime comment le groupe préfère les jams collectifs aux solos interminables. Les impros rock ont ponctué tout le concert. Leur spontanéité en concert est rafraîchissante et se voit très rarement chez des groupes de leur carrure.

Conclusion

Les RHCP ont offert une prestation chaude bouillante qui me rassure après leur dernier album qui manquait de piment. Le spectacle de lumières et de projections était original et fantastique. J’ai été hypnotisé par les effets de vague sur la ballade Under The Bridge. Le groupe a utilisé leur infrastructure énorme au profit de la musique, dans une bonne dynamique qui m’a rappelé le show réjouissant et très rock des Foo Fighters à Cracovie l’an dernier. Le public a été bien réactif, comme le prouve toutes les lumières de portable allumées avant le rappel du groupe. Le public s’éclairait de lui-même. Beau geste collectif et très spontané.

Super concert qui a ravi l’adolescent qui était en moi tout comme mon esprit plus mature actuel.

Set list

  • Can’t Stop
  • Suck My Kiss
  • P1060390

  • Scar Tissue
  • Dark Necessities
  • Parallel Universe
  • Nobody Weird Like Me
  • Snow ((Hey Oh))
  • Go Robot
  • Californication
  • Factory Of Faith
  • Goodbye Angels
  • Under The Bridge
  • Sick Love
  • By The Way
  • Dreams Of A Samurai
  • Give It Away

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