Rammstein – Prague – 29/05/2017

Groupe : Rammstein
Date : Lundi 29 mai 2017
Salle : Eden Arena
Ville : Prague
Première
partie :
Kurtizány z 25. avenue

Encore un groupe de mon adolescence que je devais rayer de ma liste des formations à voir en concert, comme les Red Hot ou AC/DC. J’avais manqué la prestation de Rammstein au Hellfest l’année dernière, et à d’autres festivals d’Europe centrale, mais ce n’était que partie remise. Le sextet allemand a fini par programmer une date à Prague, sans festival ni nouvel album.

En effet, Rammstein n’a rien enregistré depuis Liebe ist für alle da, sorti en 2009, ce qui joue en ma faveur, car je n’ai pas besoin de trop renouveler mon répertoire. J’ai beaucoup usé les albums Mutter et Reise, Reise lorsque j’étais ado, sans pour autant me mettre à la langue de Goethe au collège.

Je voulais assister au show que j’avais pu voir en vidéo. Le concert du Völkerball aux Arènes de Nîmes est un classique. Le spectacle scénique et pyrotechnique est impressionnant et fait leur renommée.

P1080366

Le concert avait lieu au stade praguois de l’équipe de football Slavia, l’Eden Arena dans le quartier Vršovice, près du local de répétition de mon groupe. Rammstein jouait deux dates à Prague, toutes deux complètes, ou presque. J’avais deux tickets en fosse, dont une en extra que j’ai vendu moitié prix à ma copine Louise en absence d’un acheteur. L’occasion pour nous deux d’assister à un spectacle chaud.

Nous revenions d’un week-end parisien marqué par une température haute. De retour à Prague à 16h, nous avons constaté que la météo était tout aussi ensoleillée en République Tchèque. Avec quelques coups de soleils, nous étions prêts à cuire à nouveau pendant le concert des Teutons pyromanes. À notre arrivée à 19h, la pelouse du stade était déjà bien remplie, et nous avons dû nous satisfaire d’une place loin de la scène, derrière un public compact composé de grands Tchèques.

Le groupe local Kurtizány z 25. avenue qui assurait la première partie, déjà sur scène à l’heure où nous nous frayions un chemin, chantait en tchèque et jouait une musique metal plutôt lourde avec des riffs assez puissants. Il n’y avait pas de quoi s’enthousiasmer, mais c’était une bonne première partie pour ce groupe.

Entre les deux groupes, un message suggérait au public de se concentrer sur le spectacle plutôt que de chercher à le filmer. Nous aurions préféré que ce soit vraiment le cas. Nous y viendrons. Puis, les écrans ont lancé un compte à rebours, achevé sur le rideau couvrant la scène qui a fini par tomber pendant que les feux d’artifice se sont envolés dans le ciel.

P1080353Rammstein est progressivement monté sur scène (les guitaristes sont descendus de plateformes par le haut de la scène, Till Lindemann est arrivé en faisant des claquettes et exploser son chapeau haut de forme en plein vol) sur la chanson Ramm 4, exclusive en concert et dont les paroles se composaient de titres ou paroles d’autres chansons en clins d’œil. Le refrain était efficace et simple (« Ja, nein, Rammstein »), mais la chanson suivante est rentré davantage dans le vif du sujet : Reise, Reise était très poignante. Il était drôle d’entendre les « Ahoi » marins dans ce territoire tchèque, s’apparentant au salut local (ahoj). J’ai pu lâcher mes premiers hochements de tête, les souvenirs plein la caboche sur ces arrangements magistraux.

Tous les morceaux du concert, bien fourni en classiques, m’étaient connus, hormis Hallelujah, Zerstören et Ich tu dir weh. Ce dernier issu du dernier album était bien puissant, mettant en scène le pauvre Flake martyrisé par Lindemann, sur des accords bondissants à mi-tempo. Le chanteur l’a mis dans une baignoire et a pris un peu de hauteur pour lui vider sa cuve de flammes scintillantes dessus.

Le spectacle pyrotechnique était incessant. Till Lindemann s’est fait exploser avec une ceinture de terroriste sur Zerstören ; il a fait des pirouettes avec son arc enflammé sur Du riechst so gut ; il a fait brûler son cœur sur le bien nommé Mein Herz brennt ; il s’est envolé avec ses ailes crachant du feu sur Engel ; il a craché au lance-flamme avec les deux guitaristes Landers et Kruspe sur Feuer frei!. Heureusement que le chanteur a un brevet de pyrotechnie !

P1080385De notre distance, il nous était difficile de suivre le concert proprement. Nous voyions les écrans géants quand ils n’étaient pas masqués par des nénettes sur les épaules de leur copain, où quand tout le public se mettait à filmer en même temps sur les passages spectaculaires. C’était un peu frustrant. À côté de cela, le public praguois a mis pas mal de temps à se mettre à remuer la caboche. Avec tous ces éléments, difficile de sentir immergé dans le show.

Je connaissais la plupart de ces tours enflammés, mais celui qui m’a le plus bluffé était celui de Du hast, où le chanteur a lancé des feux d’artifice juste au-dessus de la foule, qui ont atterris sur les tours au-dessus de la régie près de nous, déclenchant une nouvelle salve qui, en réponse, a retraversé le stade pour faire exploser la scène. Juste épique ! Même au bout du stade, il était difficile de louper cet effet.

Le morceau Sonne en rappel a vu s’élever les flammes derrière la régie également, nous donnant des bons coups de chaud. Heureusement que c’était un concert en plein air !

Je ne pourrais évaluer P1080377correctement la prestation scénique des musiciens, mais le son était bien bon, ce qui est surprenant dans un stade. Même sans dire un mot, le groupe arrive à imposer son charisme. Lindemann est un sacré personnage, placide mais imposant. Le visage charbonné, il a martelé son fameux headbang si particulier, tant en livrant son chant très grave.

Le style martial du groupe sur scène et l’esthétique du décor convenaient parfaitement avec la musique lourde du metal industriel. C’était un plaisir d’entendre en vrai des titres poignants comme Reise, Reise, Mein Herz brennt, Sonne, Stripped (une reprise délicieuse de Depeche Mode), ainsi que des tubes fédérateurs comme Ich will, Du hast, Du riechst so gut enivrant, Amerika arrosé de confettis et d’un riff final pesant, ou encore Feuer frei! démentiel et Keine Lust, plus rapides et entraînants.

J’étais également agréablement surpris d’assister à l’interprétation de Seemann, la ballade dominée par cette ligne de basse d’Oliver Riedel, mystérieusement encapuchonné.

Conclusion

Les sifflements d’Engel et son envolée angélique métallique dans un déluge de flammes ont clôturé un concert spectaculaire d’une heure et demie seulement. Aussi minimaliste que d’habitude pour la communication avec le public, le groupe a remercié le public en tchèque. La distance et le manque de visibilité nous ont un peu gâché l’événement, sans parler des smartphones qui nous ont bouché la vue lors des moments clés. Il reste que Rammstein a donné une performance dans de bonnes conditions. J’étais heureux d’y avoir assisté enfin !

Set list

  • Ramm 4
  • Reise, Reise
  • Hallelujah
  • P1080416

  • Zerstören
  • Keine Lust
  • Feuer frei!
  • Seemann
  • Ich tu dir weh
  • Du riechst so gut
  • Mein Herz brennt
  • Links 2-3-4
  • Ich will
  • Du hast
  • Stripped
    • Sonne
    • Amerika
    • Engel

    Laisser un commentaire

    Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

    Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>