Metallica – Prague – 08/07/2014

Groupe : Metallica
Date : Mardi 8 juillet 2014
Festival : Aerodrome
Ville : Prague

C’était aussi l’un des gros arguments pour venir bosser en stage à Prague : Metallica y passait pour sa tournée européenne alors que la France était carrément snobée.

P1060532De plus, il s’agissait de leur tournée By Request où le public était interrogé pour élaborer les set lists. Une initiative innovante et participative, où les fans peuvent choisir leurs chansons. Après avoir acheté un billet, il était possible d’accéder à une plateforme où l’on pouvait voter pour 17 chansons.

Malheureusement, alors qu’il s’agissait d’une occasion rêvée pour entendre des titres rares voire inédits en concert, les « fans » ont voté pour des chansons qui reviennent tout le temps. Quel intérêt de demander l’avis des fans si c’est pour obtenir des set lists basiques ? C’était vraiment donner de la nourriture aux cochons. Même le groupe a dû être déçu de ne pas avoir plus de challenge.

C’était en effet une initiative très bien organisée qui montre la flexibilité du groupe, toujours dévoué à ses fans. Les musiciens se sont pliés à la demande du public et ont revisité quelques chansons rares. Au moins un événement marquant : The Frayed Ends Of Sanity, jamais joué en live, avait été interprété intégralement en Finlande. Voilà des vrais fans.

Qu’allait donc être la set list de ce soir à Prague ? Le concert avait lieu au Parc des Expositions d’Holešovice, lors du festival Aerodrome. Rien à voir avec le Hellfest, il s’agit de deux journées en juin et en juillet où plusieurs artistes étaient programmés. Ce mardi, c’était Kvelertak, Alice In Chains et Children Of Bodom qui étaient invités pour ouvrir le concert de Metallica. Dans la mesure où je termine à 18h le travail dans ce jour de semaine, j’arrive à 19h sur le site avec mon père. Je fais donc une croix sur les premières parties intéressantes pour ne débarquer que pour le concert des Californiens, dans la fosse Or après la frustration du concert au fond du Stade de France avec un son mauvais et un décalage sur les grands écrans.

La météo était très défavorable. Le festival avait le malheur d’être en plein air. Les violents orages et éclairs la veille ne présageaient rien de bon, si ce n’est une interprétation de Ride The Lightning en vrai. Une petite pluie avait coulé toute l’après-midi mais c’est le déluge qui est tombé quelques minutes avant l’entrée du groupe, et les premiers morceaux n’ont pas assagi le torrent, bien au contraire.

Une petite vidéo d’introduction pour la tournée By Request est diffusée. En attendant le début du concert à 20h, on pouvait voir sur les grands écrans les résultats des votes pour la chanson du jour : le principe était de voter pour une chanson parmi trois pendant le concert, afin qu’elle soit interprétée par le groupe. C’était le grand suspens de la soirée. Cela permet de ramener un peu de sous puisque les gens votent par texto mais aussi de mettre un peu de piment car le groupe doit savoir s’adapter à la décision du public et apprend le résultat au dernier moment, en même temps que nous.

Les trois possibilités étaient The Day That Never Comes, St. Anger et The Unforgiven II. Pour éviter la frustration, je n’ai pas voté mais j’aurais bien aimé avoir le morceau de Re-Load, très peu interprété en concert. Malheureusement, il était très mal positionné et les deux autres étaient au coude à coude, même si je préférais St. Anger.

Enfin, l’introduction d’Ecstasy Of Gold d’Ennio Morricone, le grand classique, apparaît de manière toujours aussi triomphale, avec une petite pensée pour Eli Wallach, décédé récemment au bel âge de 98 ans, ayant interprété Tuco que l’on voit courir à travers le cimetière dans Le Bon, la Brute et le Truand.

P1060555D’emblée, l’entrée du concert envoie du lourd : comme d’autres dates de la tournée, nous avons droit à l’ouverture de l’album Master Of Puppets, soit le bouillonnant Battery qui chauffe directement les cervicales et l’éponyme Master Of Puppets qui les fracassent tout en donnant de la voix. En quelques riffs mythiques, Metallica fait rugir sa réputation de bête de scène. Je reste estomaqué en entendant le son surpuissant de la guitare de James Hetfield sur le riff foudroyant de Master Of Puppets. Tellement mortel, tellement dantesque. Je suis aux anges, et je vois bien mieux la bouille des musiciens qu’à Paris.

Après ces morceaux, c’est la véritable douche. La pluie est plus forte que jamais et tombe à grosses gouttes sur les festivaliers mais également sur la scène et les musiciens, qui ne quittent jamais le public. Les membres ne sont pas frileux et compatissent avec la foule en venant sur l’avancée, arrosés par la flotte avec les instruments branchés. J’espère que leurs guitares ne sont pas flinguées. C’est tellement bizarre d’entendre Fuel et son rythme enflammée tout en se prenant une saucée orageuse.

Cela ne m’empêche pas d’apprécier le concert. Soit les gens autour de moi (globalement passifs) sont agacés par la météo et restent statiques, soit la pluie attise leur esprit de fête. Cela donne lieu à des scènes de camaraderie où mes voisins pataugent dans des mares, parfois pieds-nus. On reconnaît les fans hardcore qui n’en ont plus rien à cirer et profitent à fond du concert. Pour ma part, je suis trempé, ma casquette et mes fringues prennent l’eau de toute part, mais je m’agite et me lance dans des headbangs furieux pendant tout le concert. Metallica, avec ou sans pluie, c’est toujours la fête et le groupe est très généreux !

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La set list mitonnée à partir des desiderata du public est très bien concoctée et pimentée à juste mesure. …And Justice For All et Sad But True sont des festivals de riffs lourds et de headbangs compulsifs, tandis que les briquets sont de sortie sur The Unforgiven et Nothing Else Matters, toujours aussi douce et émouvante.

Orion est également superbe, mettant en avant la basse de Robert Trujillo. Les extraits de Ride The Lightning font des ravages : le très beau Fade To Black (faisait l’écho des solos touchants de Welcome Home (Sanitarium) entendu plus tôt), For Whom The Bell Tolls et Creeping Death et son fameux pont où les privilégiés qui assistent au concert depuis les côtés de la scène viennent au devant pour hurler les « die ». Le groupe insère également un nouveau morceau dévoilé sur cette tournée, Lords Of Summer. L’été paraît loin sous une telle pluie mais le riff principal est parmi les meilleurs d’Hetfield. P1060503Dommage que l’ensemble du morceau ne casse pas trois pattes à un canard.

Pas d’effets pyrotechniques et d’explosions sur One compte tenu des conditions climatiques. Cependant, la pluie qui traverse les faisceaux des lasers donne des effets lumineux très jolis. Enfin, Enter Sandman met tout le public en transe. Ce titre est toujours bougrement efficace en live et il chauffe le public tchèque comme jamais.

Le rappel fait voir les deux surprises de la soirée : Whiskey In The Jar (reprise d’un air traditionnel irlandais adapté par Thin Lizzy) et St. Anger, finalement gagnant à quelques voix contre The Day That Never Comes. Ouf. Malheureusement, Lars Ulrich est à la rue sur les passages foutraques de ce morceau torturé mais j’ai toujours aimé ce morceau. On sent que le groupe n’est pas à son aise avec ce titre. Même James peine à aligner les refrains. Qu’importe, « le peuple a parlé » comme dit le chanteur, avant de terminer le concert par un Seek And Destroy toujours aussi festif, avec un ballon géant nageant à travers la foule.

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Conclusion

J’ai bien évidemment préféré ce concert à celui de Paris où, malgré le délice d’entendre le Black Album en entier pour mon premier concert du groupe, le son était moche et la scène trop loin. Cette fois à Prague, en dépit des conditions climatiques exécrables, le concert était loin de ressembler à un pétard mouillé. La scène s’est embrasée, même sous l’eau. Le son était puissant. Kirk Hammett n’a pas fait beaucoup de pains et bien sûr, James Hetfield était le maestro toujours aussi charismatique de cet orchestre monstrueux.

Le quatuor a fait preuve de proximité et a été très généreux. C’était un plaisir de les revoir et de se lâcher, de chanter les paroles, d’agiter la tête jusqu’à l’hémorragie, même s’il fallait être trempé jusqu’aux os. Les Mets ont mouillé la chemise et assuré un concert solide contre les éléments naturels, à la hauteur de leur réputation. C’est une prestation qui donne déjà envie d’attendre le prochain concert avec impatience.

Set list

  • Battery
  • Master Of Puppets
  • Welcome Home (Sanitarium)
  • Fuel
  • The Unforgiven
  • P1060573

  • Lords Of Summer
  • …And Justice For All
  • Sad But True
  • Fade To Black
  • Orion
  • One
  • For Whom The Bell Tolls
  • Creeping Death
  • Nothing Else Matters
  • Enter Sandman
  • Whiskey In The Jar
  • St. Anger
  • Seek And Destroy

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