Hellfest – 22/06/2014

Festival : Hellfest
Groupes : Opeth
Black Sabbath
Emperor
Soundgarden
Alter Bridge
Angra
Tagada Jones
Lofofora
Date : Dimanche 22 juin 2014
Ville : Clisson

P1060229Dernier jour à Clisson dans ce week end intense. Le programme veut que l’on termine en beauté en ce dimanche. Contrairement à la veille, beaucoup de concerts m’intéressaient sur l’affiche et je ne voulais pas les louper. Il fallait parfois courir pour passer d’une tente à l’autre, slalomer entre les festivaliers.

La journée a vu l’apparition de quelques nuages orageux qui nous ont contourné en milieu de journée. Le soleil est revenu nous frapper jusqu’en fin de soirée. Vraiment, le temps a été idéal ce week end.

J’ai eu le plaisir d’être rejoint ce jour-là par Nicolas, ami d’ami, avec qui j’ai pu faire connaissance, discuter musique et assister aux concerts de la journée.

Lofofora

Il faut se lever tôt pour assister à un concert de punk. Qui l’eût cru ? Programmé à midi, même Reuno, le chanteur emblématique de cette formation française, n’en revient pas : devant l’agitation devant la scène, il s’étonne « si j’avais su, je me lèverai plus souvent le dimanche matin ! » P1060314Entre deux morceaux, il touche également deux mots pour soutenir les intermittents en grève et saluer l’équipe du Hellfest. Le gars est bon pour motiver les foules avec un chant percutant et rocailleux, des paroles acerbes et justes, reprises par un public connaisseur autour de moi.

J’avais révisé mes classiques avant ce concert. Je chante les paroles aussi à l’occasion et apprécie les coups de basse sur Les gens. Le fond et la forme et Justice pour tous font s’envoler la poussière dans le pogo. Pour ma part, je me jette dans le circle pit sur Élixir. Un autre invité improbable s’y trouve : Maxime Musqua du Petit Journal. Le bonhomme débarque la bouche en cœur et j’ai bien cru qu’il allait mourir dans la foule. Heureusement, le public est gentil et s’est prêté au jeu, et il a fini porté par tout le monde. Je l’avais vu sans le savoir au camping, se faire insulter de par son accoutrement de hippy.

L’ambiance est très bonne et j’apprécie beaucoup ce concert. Le groupe dévoile pas moins de trois morceaux de leur prochain album L’épreuve du contraire prêt à sortir en septembre prochain. Deux regrets en voyant la set list : l’absence d’Utopiste et de Buvez du cul. Cela nous rappelle que le groupe ne disposait que d’une demie-heure de concert à cette heure avancée de la journée. Incontournable en concert, c’est un groupe qu’il faudra retourner voir.

Set list

  • L’oeuf
  • Justice pour tous
  • Les gens
  • L’innocence
  • Le fond et la forme
  • Élixir
  • Pornolitique
  • Tsarine

Tagada Jones

C’est décidément mon passage punk du Hellfest. Après Lofofora, c’est leurs potes rennais qui s’agitent cet après-midi sur la scène Warzone (qui n’est plus une tente cette année). En arrivant sur place lors du premier morceau De l’amour et du sang, je m’étonne du monde fou s’amasse dans ce goulot d’étranglement bouchant l’accès à la scène. Il est dur de s’insérer mais quand il y a un pogo, il y a forcément moyen de montrer sa motivation pour s’y ruer.

En effet, même si les nuages de poussière étaient de la partie, tout se passe dans la fosse avec les plus turbulents. Le groupe sur scène est tout aussi vindicatif, P1060317avec Niko au chant, piochant dans les morceaux du très bon dernier album Dissident. « Bougeons-nous le fion / Stoppons la marche de la nation » cogne le chanteur sur Instinct sauvage. Les punchlines pleuvent comme des slammeurs dans ce concert. J’ai parfois du mal à adhérer à la bêtise de certains raisonnements punk (contre les impôts, qui sont en France la base de la solidarité et du service public, ou pour la vengeance personnelle dans Vendetta, sorte de remake de Je suis pour de Sardou). Mais j’aime tellement l’esprit alternatif et DIY du groupe qui rejaillit dans Dissident que je me jette dans un slam et m’agite sur les phrases hargneuses contre les pollueurs sur Cargo.

Alors qu’il s’embrouille toujours à dire « bonsoir Clisson » en plein après-midi, Niko signale qu’ils reviennent du Québec où ils ont pu jouer aux Francofolies de Montréal et au Rockfest à Montebello. Des lieux familiers pour moi. Les Tagada Jones terminent par Karim et Juliette, un morceau digne des Bérurier Noir sur lequel Loran a également chanté en studio. Pour ma part, je dois filer avant les toutes dernières notes malgré la foule impressionnante pour continuer mon programme.

Set list

  • De l’amour et du sang
  • Instinct sauvage
  • Le chaos
  • Yec’hed mat
  • Descente aux enfers
  • Zéro de conduite
  • Cargo
  • Vendetta
  • Dissident
  • Le feu aux poudres
  • Super punk
  • Karim et Juliette

Angra

Je n’avais pas revu la bande de Kiko Loureiro depuis 2011. C’était pas si loin d’ici, à l’Olympic de Nantes. P1060320Une soirée mémorable, à l’époque où Edu Falaschi faisait partie du groupe. Depuis, il a été remplacé en concert par Fabio Lione, chanteur de Rhapsody Of Fire. Il est clair que l’Italien assure mieux ce poste que son prédécesseur avec de belles prouesses vocales.

Dans ces conditions, il est plus agréable d’entendre les chansons. Côté instrument, les musiciens sont toujours impeccables. Le son n’est malheureusement pas à l’avantage du groupe avec quelques grésillements au début du concert. J’entends très mal la guitare de Kiko en étant sur le côté droit.

À la batterie, Ricardo Confessori a aussi quitté le groupe malgré son retour il y a quatre ans et est remplacé par le jeune Bruno Valverde. Autant dire que la stabilité ne définit pas la formation ces derniers temps et les fans nostalgiques d’André Matos espèrent encore revoir le premier line-up des années 90.

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C’est toujours un plaisir de réentendre les titres de la première période. Lisbon et son riff dansant est bien fantastique. Je n’avais pas pu entendre Waiting Silence lors du dernier concert. Ce morceau est bien efficace et met en avant Felipe Andreoli et ses paluches énormes sur un tapping. Ce musicien fait un boulot solide et il a une bonne présence sur scène.

La set list revisite tous les albums du groupe sauf les deux derniers. Elle est cependant trop courte et sans trop de surprise. Les intros de Spread Your Fire et Carry On sur lesquels les musiciens repartent en coulisses cassent le rythme. Je m’étonne aussi que le medley coupant le dernier refrain de Carry On avec la reprise de Nova Era apparaisse encore alors que Falaschi est parti. Personne ne peut donc gérer ce dernier refrain ?

Ce concert ne me laisse pas un souvenir impérissable mais il s’est avéré bien sympathique. Ce sont de bonnes retrouvailles avec Angra que je n’avais pas écouté depuis un petit moment mais j’attendrai bien mieux une prochaine fois, si le groupe se stabilise.

Set list

  • Angels Cry
  • Nothing To Say
  • Waiting Silence
  • Lisbon
  • Spread Your Fire
  • Rebirth
  • Carry On / Nova Era

Alter Bridge

Tout de suite après Angra, je me positionne sur la scène d’à côté pour Alter Bridge. La foule n’est pas dense et j’arrive à m’approcher sans problème. C’est la deuxième fois que je les vois à l’occasion de ce festival. La première il y a trois ans était fantastique mais le public n’était pas réactif. C’est un peu le même scénario ici, mais en mieux. Même en étant proches de la scène, sur la gauche, les gens autour de moi ne s’excitent pas trop hormis quelques fans.

P1060333Pour ma part, je suis à fond dedans, sautant et chantant les paroles dès que je pouvais. Et le groupe fait un sans-faute concernant la set list, comme en 2011. Cela veut dire que AB III n’est pas représenté et qu’Alter Bridge se concentre sur ses deux meilleurs albums, Blackbird et le dernier Fortress.

Ce qui fait que le groupe aligne avec un panache incroyable Addicted To Pain, White Knuckles, Come To Life, Cry Of Achilles (avec la petite intro de Kennedy à la guitare), Ties That Bind et Metalingus. Dommage que le son ne soit pas très clair sur White Knuckles. J’ai galéré à reconnaître le puissant riff d’intro. Ce qui n’empêche pas le chanteur de faire participer la foule sur le break avant une explosion de riffs.

En plein après-midi, sous cette chaleur, on a pu voir des canons à eau pendant le concert d’Angra. Les pompiers ont rouvert les vannes pour arroser le public abondamment. Ils ont choisi leur moment : c’est pendant Waters Rising que les jets fendent l’air pour retomber sur la foule façon brumisateur puis façon douche ! Chaque festivalier était trempé après quelques morceaux mais j’ai béni cette initiative. D’une part, ça faisait un beau spectacle façon ballet aquatique avec la musique. D’autre part, ça a réveillé le public et ravivé une ambiance folle. Et enfin, qu’est-ce que ça m’a fait du bien ! Après trois jours sans me laver et à pogoter dans la poussière, ça m’a décrassé. J’étais heureusement torse nu, j’aurais pu amener mon gel douche. Quelle concordance avec les paroles « Water is rising coming to wash the filth away ».

C’est un festival que connaissent bien les musiciens maintenant, si on compte les prestations de Myles Kennedy avec Slash. Alors que les morceaux d’il y a trois ans offraient une succession de riffs efficaces en festival, le groupe s’accorde ici quelques moments plus calmes. Je n’en crois pas mes oreilles quand Myles Kennedy annonce « on va ralentir la cadence un peu maintenant » avant d’introduire le chef-d’œuvre Blackbird. Je ne pensais jamais entendre ce morceau en festival. C’est une fantastique surprise et j’en pleurais presque. Je savoure les notes de ce morceau triste et puissant.

Les musiciens ont assuré un show très carré. Myles Kennedy était évidemment la vedette avec un chant divin, mais Mark Tremonti a aussi fait le spectacle sur ses solos rapides et succulents. Il a également pris le micro seul sur Waters Rising, où il assure le chant principal. Kennedy semblait rencontrer des difficultés avec sa guitare mais cela n’a pas perturbé sa performance vocale. Même dans ses moments compliqués, le chanteur livrait des solos avec un toucher éclatant.

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Pour finir dans mon excitation, je voulais faire un slam sur Rise Today. En allant demander à un type de me faire monter, le gars était septique, disant que les gens allait me laisser tomber. C’est quoi cet esprit merdique ? On ne me laisse pas tomber moi, et je l’ai convaincu de m’écouter. Au final, c’était certes laborieux mais j’ai réussi à atteindre les mecs de la sécurité, en tentant de rester le plus longtemps possible à me baigner dans cet océan de gens par-dessus une musique aussi positive. J’adore cette sensation, et repartir après devant le groupe est formidable.

Pour la fin du concert, je me retrouve sur le côté droit, où personne ne bouge à part moi. J’aurais dû revenir au centre car le groupe a lancé Isolation pour terminer leur temps. Tant pis pour moi pour ce final manqué. C’était mon meilleur concert du festival. Celui qui m’a donné le plus la banane, de la bonne musique et de l’eau fraîche. J’étais rincé et rassasié.

Set list

  • Addicted To Pain
  • White Knuckles
  • Come To Life
  • Cry Of Achilles
  • Waters Rising
  • Ties That Bind
  • Metalingus
  • Blackbird
  • Rise Today
  • Isolation

Avec Nicolas, nous partons nous reposer ailleurs pour nous préparer à une soirée marathon. En allant nous réapprovisionner en liquide, nous percevons la puissance du son thrash de Dark Angel. Ça devait bien pogoter là-bas. Ils remplacent Megadeth qui s’étaient décommandés suite au décès du père de David Ellefson. Les ayant vu l’année dernière, ça ne me posait pas de problème.

Nous arrivons sur la fin du concert de Behemoth pour nous positionner pour la soirée. Sur leur scène, le spectacle va bon train. Leur prestation est très chorégraphiée et l’ambiance est sombre. Costumes, maquillage, masques, crachat de sang, pyrotechnie, confettis noirs qui s’envolent comme un essaim de mouches propageant la peste. Le son est très fort sur At The Left Hand Ov God, Chant For Eschaton 2000, c’est très impressionnant. J’apprécie aussi la violence lente et lourde du dernier morceau de l’album The Satanist, O Father O Satan O Sun!, qui termine leur concert avec malaise, dans un monologue étouffant. Trop de mise en scène pour moi mais Behemoth reste une valeur sûre pour ceux qui aiment le style.

Soundgarden

Je ne connaissais ce groupe de grunge que de nom. L’équipe de Chris Cornell assure ce soir comme sur le reste de la tournée la première partie de Black Sabbath. Leur point commun est une musique pesante avec un tempo lent. Ce concert est cependant assommant, avec trop peu de coups de fouet, et l’heure est très longue à passer pour un néophyte comme moi. De plus, hormis le chanteur charismatique qui fait très bien le travail, le groupe est très statique et peu communicatif. Cela rend le concert encore plus ennuyeux et fatiguant. Oui, la fatigue est là. Il est dur de rester planter là debout et j’accuse ce groupe de m’avoir cramé pour le reste de la soirée.

J’apprécie tout de même le grand classique Black Hole Sun chanté par le public et le dernier morceau Beyond The Wheel. Je n’avais même pas reconnu l’un des rares morceaux que je connaissais, Rusty Cage. J’ai préféré me boucher les oreilles lorsque Kim Thayil restait bricoler sur sa guitare à la fin du set pour faire du larsen. Pas la meilleure découverte du week end.

Emperor

J’avais déjà croisé ce groupe mythique de black metal il y a sept ans après le concert de Dream Theater ici-même à Clisson, lors de leur précédente tournée de reformation. Pour cette tournée de seulement une poignée de dates, le groupe norvégien rejoue sur scène leur album légendaire In The Nightside Eclipse, pour les vingt ans de sa sortie.

À cette occasion, le batteur Faust qui a enregistré l’album est de retour. Il n’avait pas joué avec Emperor depuis vingt ans. Et pour cause, Faust a fait neuf ans de prison, arrêté peu après l’enregistrement d’In The Nigthside Eclipse pour avoir poignardé un homosexuel qui lui aurait fait des avances.

Autre polémique, le guitariste Samoth a aussi fait de la prison à cette même période pour avoir incendié l’église de Skjold avec le tristement célèbre Varg Vikernes (condamné également à vingt ans de prison pour le meurtre d’Euronymous et dans le collimateur du gouvernement français pour ses propos racistes). Voilà pour le volet polémique largement utilisé par les opposants au Hellfest.

Puisque je venais pour la musique, lorsque j’ai su que le groupe allait interpréter un album intégral, cela m’a facilité la tâche de découverte, juste dix jours avant le festival. J’ai donc acheté In The Nigthside Eclipse qui, d’après les critiques, mérite de figurer dans ma collection de toute manière. Même si je ne suis pas fan de black, j’aime faire des découvertes.

P1060352Il ne fait pas encore nuit lorsque le groupe débarque sur l’intro. Ihsahn, chanteur et guitariste principal du groupe, est un habitué du Hellfest. Sa carrière solo lui a permis de perfectionner son art, et son chant se montre très féroce et contrôlé. Ses lunettes lui donnent un côté intello qui dénote avec la sauvagerie qu’il joue.

Le claviériste Einar Solberg (membre de Leprous) crée des ambiances sombres et cauchemardesques par-dessus les guitares impitoyables de Samoth et d’Ihsahn. Le passage calme sur The Majesty Of Nightsky est un des meilleurs moments. Les headbangs d’Einar sont également très brutaux et impressionnants. Cela me rappelle ceux de son homologue Per Wiberg au Hellfest en 2008 lors de la prestation d’Opeth.

Puis vient le passage tant attendu du duo final infernal I Am The Black Wizards et Inno A Satana. Deux morceaux très fascinants et impeccablement interprétés. Le groupe marque le rappel avec deux vieux titres. Une reprise de Bathory, A Fine Day To Die, était également joué à Sweden Rock Festival mais le timing ne permet pas un titre de plus. Tant pis, nous avons eu notre compte d’ambiances démoniaques et je suis heureux cette fois d’avoir participé à ce retour événement dont le Hellfest est l’un des rares à avoir l’exclusivité.

Lors du salut des groupes, les musiciens ne montrent pas beaucoup de chaleur entre eux. Au risque de faire mauvaise langue, ça sent la reformation forcée. Je venais surtout pour Ihsahn, le membre le plus communicatif et le plus sympathique, de loin.

Set list

  • Into The Infinity Of Thoughts
  • The Burning Shadows Of Silence
  • Cosmic Keys To My Creations & Time
  • Beyond The Great Vast Forest
  • Towards The Pantheon
  • The Majesty Of The Nightsky
  • I Am The Black Wizards
  • Inno A Satana
  • Ancient Queen
  • Wrath Of The Tyrant

Black Sabbath

Tous les membres de Black Sabbath avaient participé au Hellfest : Heaven And Hell en 2009 (Geezer Butler et Tony Iommi avec le regretté Dio), Ozzy Osbourne en 2011 et le même Ozzy en 2012 avec des invités (dont Geezer Butler) suite à l’annulation de Black Sab’ dû au cancer d’Iommi. Je ne mentionne pas Bill Ward qui ne fait malheureusement pas partie de l’aventure.

P1060378Aujourd’hui, les trois musiciens légendaires sont enfin réunis à Clisson pour livrer un concert de Black Sabbath, avec des vieux morceaux et des nouveaux issus du dernier album 13. Forcément, tout le monde se presse vers la scène mais les gens, encore eux, bloquent l’accès alors que la foule est moins dense quand on s’approche de la scène (c’est une réalité !). En forçant le passage à deux, je perds Nicolas pour me retrouver entourés de grands dadais grincheux qui ne bougent pas d’un cul. Je dois me mettre sur la pointe des pieds pour voir la scène pendant War Pigs.

À côté de moi, un bon anglais chante les paroles avec ferveur : « Generals gathered in their masses, just like witches at black masses ». C’est beau à voir. Lorsque Into The Void commence, l’anglais se retourne vers sa femme pour dire « coming ». Je comprends un instant plus tard ce qu’il veut dire : le bonhomme et sa bonne femme fonce dans le tas dès que les instruments se déchaînent pour grappiller quelques mètres. Opportuniste amusé, je me mets dans leur sillage et parvient avec eux à arriver à un endroit où la scène m’est plus visible. Malheureusement, l’anglais ne se fait évidemment pas que des amis. Un grand grincheux qui restera les bras croisés pendant le concert le pousse violemment par agacement.

Plus le concert va et plus la vue devant moi se dégage. Cela me met de meilleure humeur, et j’apprécie d’autant plus le concert, avec plus de gens qui participent autour. Ma participation est restreinte par mon dos qui fait souffrir. P1060382Rester debout aussi longtemps est crevant. Sauter et chanter me fait parfois mal mais je ne reste pas les bras croisés pour autant.

Il faut dire que certains passages avec Black Sabbath sont très lents. Lorsque le rythme repart, tout va bien ! Alors que je ne suis pas fan de la chanson Black Sabbath, j’apprécie l’ambiance malsaine et lourde qui s’en dégage et l’accélération est tellement appréciable. L’enchaînement tiré du premier album avec Behind The Wall Of Sleep, le solo de basse de Butler et N.I.B. est aussi fantastique. Snowblind, affichant des images de cocaïne, le thème de la chanson, est bien agréable avec son rythme berçant. « What you get and what you see / Things that don’t come easily ».

Les deux extraits du dernier album sont bien choisis et la foule chante avec force le riff d’Iron Man. Autant dire que niveau set list, le groupe livre que du bon. Après Fairies Wear Boobs Boots, le solo de batterie sur Rat Salad laisse de quoi démontrer la frappe d’ours de Tommy Clufetos. Le reste du concert suffisait à prouver son talent. Le batteur est très énergique, et son précédent concert avec Ozzy en 2011 m’avait déjà convaincu.

Les musiciens sont très solides sur scène. La basse de Geezer ronfle admirablement. Le jeu d’Iommi est digne de P1060379la légende bien que je parvienne difficilement à le voir. Ozzy est bien évidemment le plus en avant dans ce concert. En bonne forme, son chant tient la route et le Madman est toujours égal à lui-même, doucement cinglé et attachant. On ne compte plus ses bénédictions, et le chanteur fait des petits bruits de coucou après avoir introduit chaque chanson. Lorsque tout le monde hilare répond de même, Ozzy dit « ça me rassure de ne pas être le seul cinglé ici ».

Sur la fin du concert, qu’importe le dos qui souffre, je me lâche sur les bons gros riffs de Children Of The Grave. Hormis la partie lente un peu apathique de God Is Dead?, la dernière moitié du concert est vraiment bonne et le rappel avec Paranoid voit même un pogo se déclencher à côté de moi. Allez, allons-y ! Malgré la demande et le temps en rab, pas d’autres morceaux n’ont été joués. Je me dirige donc vers le point d’eau où je retrouve Nicolas, à s’abreuver devant moi, par le plus grand hasard.

Set list

  • War Pigs
  • Into The Void
  • Snowblind
  • Age Of Reason
  • Black Sabbath
  • Behind The Wall Of Sleep
  • N.I.B.
  • Fearies Wear Boots
  • Rat Salad
  • Iron Man
  • God Is Dead?
  • Children Of The Grave
  • Paranoid

Opeth

Ça me rappelle beaucoup l’édition 2011, où, après avoir vu Ozzy, j’avais terminé le festival en allant voir Opeth. Je reprends un peu le groupe là où je l’avais laissé, n’ayant pas assisté à leurs concerts pendant leur longue tournée pour Heritage. Il y a trois ans, je me targuais de voir Opeth tous les ans. Les stats ont baissé depuis.

Cette fois, le groupe est sous tente, ce qui pose plus de problèmes logistiques. Je retrouve ces gentils connards qui râlent quand on veut s’avancer parmi la foule dense. Nombreux ont été ceux qui quittaient la tente et passait devant (fatigués ou agacés par The Devil’s Orchard) mais non, personne ne bouge. Après m’être retrouvé bloqué dans un coin entre des murailles de festivaliers qui ne bougeaient pas et m’empêchaient de voir la scène (si ce n’est sur la pointe des pieds), je décide d’y rester pendant le concert. P1060388J’aperçois Martin Mendez avec les cheveux super courts. J’ai cru qu’on l’avait remplacé. Ça fait un choc, plus que d’écouter Heritage.

The Devil’s Orchard lance le concert avec apathie. Autant j’aime bien ce morceau sur disque, autant en live, c’est chiant. Avant d’enchaîner un nouveau morceau, Mikael Akerfeldt nous remercie d’être là parce qu’après un concert de Sabbath, à notre place, il serait certainement parti boire des coups plutôt que d’aller à un concert. Il introduit le prochain morceau comme une ballade plagiée de Planet Caravan, avant de lancer les accords sinistres et la salve de riffs de Heir Apparent. Rien à voir avec une ballade et je me lance dans un festival de headbang, fortement nourri par la suite de la set list : Demon Of The Fall puis Deliverance. Entre les deux, les paroles d’Hope Leaves sont délicieusement chantées par les splendides lèvres de ma voisine mais Akesson ruine tout avec son solo. J’aime beaucoup moins ce morceau sans capo. Comme l’amour sans capote ? Bref…

Malgré les morceaux bourrins, je suis le seul à m’agiter à ma place. Lorsque le groupe décide de sonner le rappel avec douze minutes du terrifiant Blackwater Park, c’en est assez. Je m’avance pendant l’interlude jusqu’à être plus proche de la scène, avec une meilleure vue. J’aurais dû le faire avant. J’ai pensé slammer pour m’avancer mais vu la proportion de grincheux, il ne valait mieux pas.

Si j’avais peur au début, j’ai trouvé le chant guttural d’Akerfeldt très correct. Certes, ce n’était pas comme il y a six ans quand il écoutait encore du death mais on a vu pire. Le bonhomme refait ses petites sorties comiques entre les chansons, comme en jouant avec la foule pour faire du fistbanging (j’ai cru qu’il parlait de cul) si on est fatigué. Il demande donc au public de lever le poing sur la mesure en silence (« Faites la même chose mais sans crier s’il vous plaît »), ce qui était complètement ridicule.

Au final, la set list était malade, le jeu était carré, mais le public était merdique. Tant pis, j’ai chauffé le cou dans mon coin, malgré la fatigue. Le groupe sort un album fin août. J’ai apprécié qu’ils ne jouent pas les premiers titres révélés pour que je découvre ça dans de bonnes conditions et que j’aille les voir à Prague l’automne prochain, sans les Français grincheux.

Set list

  • The Devil’s Orchard
  • Heir Apparent
  • Demon Of The Fall
  • Hope Leaves
  • Deliverance
  • Blackwater Park

Conclusion

Pas mécontent de ce week end, même si le voyage a été plus long que d’habitude où deux heures en voiture suffisait pour atteindre Clisson. Tout s’est bien déroulé et j’ai eu mon lot de concerts, d’excitation, d’agitation, d’émotions.

Sur ces trois jours, j’ai vu des têtes d’affiches d’enfer (Iron Maiden, Black Sabbath, Deep Purple), revu des groupes mais en mieux (Alter Bridge, Phil Anselmo), découvert de nouveaux (Septicflesh, Emperor), apprécié les améliorations dans l’organisation. P1060393J’ai regretté que les festivaliers ne soient pas plus actifs. Avec un tel nombre, le nombre de fans impliqués se dilue.

À ce jour, on ne sait quand sera la dixième édition du Hellfest. Si le beau lycée flambant neuf de Clisson est centre d’examen au bac l’année prochaine, cela pourrait chambouler pas mal l’organisation du festival. Exceptionnellement, les billets pour l’année suivante ne sont pas mis en vente. Pourront-ils relever le défi de faire une année aussi énorme que cette neuvième pour leur dixième anniversaire ? C’est ce que nous pouvons souhaiter, pour eux et pour nous.

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