Hellfest – 21/06/2014

Festival : Hellfest
Groupes : Phil Anselmo & The Illegals
Aerosmith
Deep Purple
Soulfly
Extreme
Date : Samedi 21 juin 2014
Ville : Clisson

Ce samedi, au vu de la programmation qui m’intéressait moins ce jour, j’avais décidé que ce serait un jour de repos. Comme le repos n’existe pas dans l’enfer du Hellfest, j’ai tourné ça en tourisme. Au final, je suis ici en vacances : c’est l’été, il fait beau, j’arrive de Prague pour un week end en camping.

Comme le samedi en 2011, je me lance dans une petite visite de la ville médiévale de Clisson à midi, après un tour à la sympathique boulangerie près du Leclerc. Je ne comprends pourquoi les gens s’obstinent à aller au Leclerc où la queue gigantesque m’incite à voir ailleurs.

P1060228Je gagne le centre de la ville, me baladant tranquillement dans les rues, de l’autre côté de la Sèvre nantaise. Je m’arrête un moment sur le Pont de la Vallée pour prendre le soleil alors que des Anglais se baignent dans la rivière en se servant du pont comme plongeoir comme de grands enfants.

Le cadre est idéal. Les festivaliers peuvent en profiter et les commerçants et restaurateurs de la ville aussi. Tout le monde y gagne. Parce que le musique rime avec la culture, j’en reprends une dose en visitant le château de Clisson, ouvert gratuitement au public pour les métalleux passionnés d’Histoire. Place forte jamais prise située au carrefour de l’Anjou et du Poitou, elle fut aussi un lieu de massacre pendant le génocide vendéen. Si on n’est pas intéressé par la forteresse qui a défendu le Duché de Bretagne pendant des siècles, chacun peut admirer la vue charmante sur Clisson « l’Italienne » depuis les bastions.

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Retour sur le site en goûtant au passage sur le stand corse à la Trooper, la bière blonde marquée du sceau d’Iron Maiden. Je visite également le royaume du Muscadet, en me posant paisiblement dans le petit bois ombragé grouillant de métalleux au repos. Un petit verre de blanc à la main, je déguste ce cru là d’où il provient, dans le vignoble clissonnais, alors que le site est entouré de ces vignes.

Extreme

Ne sachant vers quoi me diriger cet après-midi en attendant Deep Purple, je me tourne vers ce groupe de funk, appréciant assis et de loin leur concert énergique, lorgnant sur l’écran géant et lézardant. Il faut dire que ces Américains ne manquent pas de groove. C’est péchu, c’est frais et rock n’ roll avec une bonne technique appréciable.

À la distance où je suis, je ne peux pas rentrer complètement dans le show. Le passage plus calme où le groupe joue une ballade en demandant au public de les accompagner est ennuyeux au possible pour moi. Hormis cela, j’ai bien apprécié cette bonne dose de rock funky.

Dagoba jouait à la suite sur la scène suivante mais les ayant vu en 2011, j’ai préféré aller me restaurer. D’après les vidéos, j’ai loupé le wall of death du siècle. Ces Marseillais voient les choses en grand et sont bons pour motiver les foules à faire des pogos géants.

À ma table, je rencontre un groupe avec qui je blablate et que j’accompagne pour la suite des concerts. Les rencontres fortuites en festival sont toujours cools et je fais donc l’impasse sur des découvertes potentielles en solo pour attendre Deep Purple avec eux.

Soulfly

P1060243Pour nous placer pour les prochains shows, nous arrivons dans la fosse pour la fin du concert de Max Cavalera avec Soulfly. Avec tous ces Brésiliens, c’est la deuxième fois que nous pouvons entendre Refuse/Resist et Roots Bloody Roots. C’est le fiston Zyon Cavalera qui assure la batterie. Parce que Max a le sens de la famille, il invite également sur scène ses fils Ritchie et Little Igor au chant sur deux morceaux. Enfin, il termine le set avec Eye For An Eye sur l’avancée prévue pour Aerosmith ce soir.

Soulfly a quelque chose de plus lourd et de plus tribal sur lequel les jumps sont agréables. Pourtant, j’ai préféré le concert avec le frangin Igor sur Cavalera Conspiracy où j’avais tâté le pogo.

Deep Purple

Les légendes anglaises sont présentes dans cet après-midi consacré au hard rock. En toute humilité, la bande débarque sur l’excellent Après vous du dernier album Now What?!, marquant un bon riff, une partie instrumentale vibrante et un déluge de notes pour bien démarrer le concert et poser les bases. Le rythme rock est bien prenant avec Roger Glover à la basse. J’étais content de voir P1060263Steve Morse, avec le sourire mais cependant plutôt concentré sur son jeu. Le guitariste fait des merveilles sur ses solos précis et sur Uncommon Man, le joli morceau du set (« Oh it’s good to be king »).

Ian Gillan a l’air d’un gentil grand-père avec ses lunettes de soleil violettes. Il est un peu faiblard au chant mais tient le concert quand même. Le groove est là et l’orgue de Don Airey donne une atmosphère magique. J’apprécie d’entendre les morceaux du Made In Japan, Strange Kind Of Woman, Lazy et Space Truckin’, avant le furieux Black Night en final. Évidemment, l’incontournable Smoke On The Water fait chanter la foule entière et Hush met un bon rythme. Je ne comprends pas pourquoi le morceau Hell To Pay n’a pas été joué. Ça aurait bien rendu avec le refrain « It’s gonna be hell! » au Hellfest. Tant pis.

J’ai beaucoup apprécié ce concert, plutôt efficace et présentant de belles démonstrations rock sans trop s’éparpiller (festival oblige). De quoi taper du pied, se trémousser et se régaler des passages instrumentaux.

Set list

  • Après vous
  • Into The Fire
  • Hard Lovin’ Man
  • Strange Kind Of Woman
  • Uncommon Man
  • Lazy
  • Perfect Strangers
  • Space Truckin’
  • Smoke On The Water
  • Green Onions
  • Hush
  • Black Night

Aerosmith

P1060271La tête d’affiche de cette journée, les stars du hard rock menées par Steven Tyler et Joe Perry, figures charismatiques du groupe. J’étais très curieux de voir leur prestation mais je n’ai jamais été un spécialiste de leur musique. Le concert fut très rythmé et rock ! Tyler a une très bonne présence sur scène et chante encore divinement bien, ce qui m’a beaucoup frappé. Immense respect pour ce showman.

Le groupe n’a pas fait tort à sa réputation sexy avec Cryin’ et Living On The Edge, chantés par mes collègues. Des titres très rythmés et quelques ballades pour donner un souffle rock irrésistible sur Clisson, pour leur seule date française.

J’aurais aimé en voir plus mais j’avais rendez-vous avec le chanteur de Pantera sous la tente Valley. Je dus donc faire l’impasse sur Walk This Way, I Don’t Want To Miss A Thing et Dream On pour quitter la foule à la moitié du concert. Ça m’a pris des heures pour sortir de là !

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Phil Anselmo & The Illegals

Avec autant d’embouteillage pour sortir d’Aerosmith, j’arrive à la bourre sous la Valley alors que Hellbound de Pantera bourrine déjà. Je me mords les doigts d’avoir loupé ça et je me place un peu sur le côté de la tente vu le monde qu’il y a. De cette position, je lance des hochements de tête brutaux sur les morceaux tordus de son dernier album, Betrayed, Bedridden et Usurper Bastard’s Rant.

P1060285Je peux apercevoir Phil Anselmo faire ses gueules mythiques, avec sa grosse barbe, et cracher sa hargne au micro, pas toujours solide mais jouant avec les tripes. Le bonhomme reçoit et arbore les drapeaux de fans lancés sur la scène. Il s’en drapera même pendant le concert, à moitié stone, faisant sa blague « on dit que je suis une drapette » (flaggot).

Il est presque touchant de voir Anselmo, figure charismatique, fier représentant de l’héritage incroyable de Pantera. Une foule énorme et bien visible se situe sur le côté de la scène où des amis assistent au concert depuis les coulisses, « à l’ancienne » comme dit Phil.

Comme toujours, le bonhomme est très loquace, parfois trop et confus, entre deux rots. Il flingue à l’occasion Mötley Crüe : « Ils sont sympas mais leur musique est vraiment merdique ». Mais lorsqu’il lance les morceaux, c’est le carnage. Je me précipite comme un dingue dans le pogo sur Death Rattle qu’il annonce comme un morceau que Pantera n’a jamais joué (« ou alors j’étais trop défoncé pour m’en rappeler »). Le morceau ne ressemblait à rien et était dans une version courte mais qu’importe, me voilà dans la fosse, au centre des méfaits.

Le groupe balance des reprises de Superjoint Ritual puis embraye sur Walk Through Exits Only ravageur qui s’ouvre sur un sacré wall of death. Irrelevant Walls And Computer Screens chie sur les commentaires négatifs venant des internautes anonymes et chauffe le public jusqu’à la reprise Dom/Hollow qui donne de quoi se rompre le cou.

Ce concert me rappelle beaucoup le Heavy MTL où la bande solo d’Anselmo présentait son album. Ici, elle lui fait honneur pour la première fois en France. Anselmo est un habitué du Hellfest, il y revient chaque année et aime ce festival qui lui fait voir plein de groupes.

Contrairement à l’année dernière, le pogo est plus dense et violent, l’ambiance est plus délétère, et enfin, cerise sur le gâteau, le groupe cache une belle reprise derrière celle d’Agnostic Front pour terminer le concert : A New Level. Je le répète, n’ayant pu voir Pantera en live, entendre des morceaux en vrai me met en transe. Je me suis agité comme jamais pendant ce morceau hargneux, ce riff de malade et ces rythmes fracassants. Je sors heureux de ce concert terminé sur ce bouquet final, un pur défouloir nostalgique.

Set list

  • Hellbound
  • P1060297

  • Battalion Of Zero
  • Betrayed
  • Usurper Bastard’s Rant
  • Beddriden
  • Death Rattle
  • Fuck Your Enemy
  • Waiting For The Turning Point
  • Walking Through Exits Only
  • Irrelevant Walls And Computer Screens
  • Domination / Hollow
  • United And Strong
  • A New Level

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