Hellfest – 17/06/2017

Festival : Hellfest
Groupes : Suicidal Tendencies
Opeth
Primus
Decapitated
Blood Ceremony
Zeke
Phil Campbell & The Bastard Sons
Ultra Vomit
Date : Samedi 17 juin 2017
Ville : Clisson

Le samedi était la journée avec le plus d’affluence, certainement du fait de sa tête d’affiche : Aerosmith, P1080647en route pour leur tournée d’adieu. J’avais déjà vu la bande de Steven Tyler en 2014, sur la moitié du concert, avant de passer sur une autre scène. Je passais donc la main pour cette ultime fois.

Mon frère avait tout de même l’intention de les voir et a réussi à se trouver une place à la dernière minute pour la journée, histoire de visiter une fois le festival. J’ai pu le retrouver au centre-ville de Clisson pour un brunch fait maison qui a fait du bien. Passé midi, il a pu m’emmener en bécane jusqu’aux portes du festival. Ça tombait bien, les motards étaient à l’honneur dans le thème de cette édition.

Ultra Vomit

Il y avait tellement de monde aux portes du site des concerts, à la « cathédrale », que j’ai loupé la moitié du concert des Nantais immatures d’Ultra Vomit. Pas de Calojira pour moi, ni de Boulangerie Pâtisserie (pas besoin, j’avais déjà mangé mon brunch… oui, ça vole haut…). J’étais arrivé au moment où les festivaliers faisaient la seule chenille grind du festival. Ce morceau issu du nouvel album fut également suivi d’un autre extrait de Panzer surprise : Pipi vs Caca. Avec ce titre, le groupe assume pleinement son humour crétin et gamin. Les musiciens ont fait une introduction plus longue que le morceau lui-même, indiquant qu’ils pouvaient aussi s’engager, mais seulement pour des abonnements de téléphonie, et en demandant au public de se séparer en deux camps, « pipi » et « caca », pour faire un « wall of chiasse ». Tout en finesse. La cerise sur le gâteau, c’était lorsque le chanteur Foetus a essayé d’expliquer ça en anglais pour les étrangers… Ca a tourné court.

La deuxième moitié a quand même réservé de beaux morceaux, comme le classique Je collectionne des canards (vivants), où on a vu des festivaliers sur des canards gonflables faire du slam, avec la participation d’Andréas Martin, habillé en écolier, pour chanter sur ce morceau qu’il a co-écrit. Sur ce titre, le groupe a aussi tiré au canon à rubans qui se sont pris dans les installations de la scène à côté avec le vent. Le nouveau titre à succès Kammthaar, une ode à un camion, imitant le style de Rammstein à la perfection, était chanté par tout le public autour de moi. J’avais réussi à m’infiltrer dans le cœur de la foule en contournant encore la régie, fier de ma tactique, et en suivant les festivaliers qui reprenaient enthousiastes leur place dans la fosse après un slam. C’était un plaisir d’entendre également Quand j’étais petit (parodiant Motörhead) et Evier metal (parodiant Iron Maiden). Ce groupe était complètement con, mais il avait réuni un public très nombreux pour faire les pitres.

Phil Campbell & The Bastard Sons

P1080648En me repositionnant sur la deuxième scène principale avec Ultra Vomit, il me semblait qu’il n’y avait pas autant de monde pour l’ancien guitariste de Motörhead avec son nouveau groupe que pour Ultra Vomit. Le style était proche des morceaux composés par Lemmy, et on a bien sûr entendu des reprises, telles que Rock Out ou Killed By Death. Je n’ai pas assisté à la totalité du concert, mais ce groupe a livré une dose sympathique de rock n’ roll avec un chanteur plutôt solide, loin de vouloir imiter le style du légendaire Lemmy.

J’ai préféré ne pas m’attarder et me poser avant la fin du concert devant la Warzone, en prenant un petit muscadet. Le groupe de hardcore No Turning Back terminait sa prestation, très proche du public.

Zeke

Il fallait s’accrocher sur ce groupe de punk américain. Les gus ont enchaîné les titres à une cadence frénétique, P1080652à un point presque risible. Le chanteur Marky Felchtone semblait aller à son rythme maximum pendant tout le concert, faisant des décomptes dantesques avec des grimaces de vieux roublard. Leurs titres courts ont accentué cet aspect « mitraillette ». Leur musique ressemblait à du Motörhead en lecture accélérée. Pas une chanson ne leur accordait du répit, et quand ils ont annoncé après une demi-heure qu’ils allaient jouer leur dernière chanson, il était difficile de les croire. Ils ont encore aligné les morceaux à tour de bras. Du punk au son très rock, mais complètement débile.

Blood Ceremony

Finis les références à Motörhead. Je suis ensuite allé rejoindre Robin sous la Valley pour Blood Ceremony. Ce groupe canadien a mis une dynamique rock très agréable. Leur son rétro apportait une bonne fraîcheur. La chanteuse jouait également un peu de flûte. C’était une découverte frappante et bien sympathique.

Après ce bon concert, j’ai retrouvé mon frère pour une petite balade sur le site du festival, avant de repartir en solo sous la scène Altar pour le concert de Decapitated.

Decapitated

Retrouvailles avec la bande polonaise menée par Vogg, après les avoir découvert en 2011 au Motocultor. Une belle trouvaille, car je n’ai pas arrêté de les écouter depuis. Depuis leur retour avec l’album Carnival Is Forever, Decapitated a sorti Blood Mantra, qui m’avait bien déçu et que j’avais amèrement chroniqué sur ce blog. Mon avis sur cet album n’a pas changé d’un iota.

C’est avec le morceau The Blasphemous Psalm To The Dummy God Creation, aussi court que brutal, que le groupe a entamé le concert, sous les violents coups de batterie du jeune Michał Łysejko qui a remplacé Krimh Lechner depuis. Il paraît que ce dernier fait maintenant parti de Septicflesh (encore un groupe qui a sorti une bouse dernièrement).

P1080667C’était depuis les premiers rangs, près du pogo, que j’ai assisté au début de ce concert de death brutal. J’ai pu voir de près la prestation bouillonnante des musiciens. Vogg faisait gueule froide, concentré sur son instrument en agitant la tête et scrutant la batterie. Rafal et ses rastas faisait davantage office de leader, tandis que le bassiste récent Hubert Więcek était bien intense sur la scène. Le groupe était très carré, mais je ne comprends toujours pas pourquoi ils ont ajouté une bande-son pour la guitare rythmique. Vogg a certes besoin d’une deuxième guitare sur certains passages, mais la bande-son cassait un peu la dynamique du live. Autant laisser rugir la basse, en embauchant un deuxième guitariste.

Les morceaux d’Organic Hallucinosis (leur chef-d’œuvre selon moi), Day 69 et Post(?) Organic, m’ont procuré beaucoup de plaisir. Les vieux classiques Mother War et Spheres Of Madness ont été joués au milieu du concert, alors que je considérais déjà que la fin arrivait. J’ai quitté ma place devant pour tenter de retrouver Typhaine, une pote de fac, mais j’ai lamentablement échoué et je n’ai réussi qu’à me retrouver au fond, d’où j’ai continué de décocher mes hochements de tête, alors que le concert se poursuivait encore pour trois titres récents. Nest était aussi ennuyeux et rébarbatif que sur la version disque, mais les autres morceaux étaient bons.

Decapitated a interprété le morceau Never en prévision de la sortie du nouvel album Anticult. Un extrait très efficace qui fait espérer du bon pour le prochain disque. En attendant, cette prestation implacable des Polonais a fait du bien, même si elle a confirmé mon ressenti sur les morceaux de Blood Mantra.

Set list

    P1080685
  • The Blasphemous Psalm To The Dummy God Creation
  • Blood Mantra
  • Never
  • Day 69
  • Post(?) Organic
  • Mother War
  • Spheres Of Madness
  • Homo Sum
  • Nest
  • Instinct

J’ai quand même réussi à retrouver Typhaine à la suite de ce concert. Nous sommes allés manger avec son copain avant de reprendre la direction des scènes. J’ai assisté aux premiers morceaux bien heavy et punchy des vieux Britanniques de Saxon avant de retrouver mon frère pour trinquer. Nous nous sommes ensuite placés sous la Valley pour voir Les Claypool à l’œuvre.

Primus

Il est un peu difficile d’encaisser la musique décalée et barjot de Primus. Ce n’est pas pour rien que les fans haranguent le groupe en live par le cri de ralliement : « Primus sucks. » Avec ce groupe, c’est un festival de second degré et surtout une technique à la basse à faire pâlir n’importe quel virtuose de la quatre cordes. Les Claypool a une décontraction totale lorsqu’il joue, même sur des morceaux complexes, même s’il chante en même temps avec sa fameuse voix nasillarde. Les lignes de guitare sont complètement hasardeuses, mais la section rythmique est toujours très solide et aventureuse.

P1080705La prestation du groupe était phénoménale, et le musicien nous en a mis plein la vue. Nous avions une bonne place sur le côté du bassiste. On a retrouvé les titres décalés du groupe, tels que Too Many Puppiers et ses accords fracassants, Those Damned Blue-Collar Tweekers et son groove décapant en ouverture, Wynona’s Big Brown Beaver complètement dingo, Jerry Was A Race Car Driver et sa fameuse ligne de basse en grand n’importe quoi (et son break ultra heavy fracassant), tandis que Claypool a enfilé son masque de cochon pour rejouer Mr. Krinkle à la contrebasse comme dans le clip.

Les vidéos sur l’écran illustraient l’univers cartoonesque de Primus tel qu’on le connaît. Le public était à la fois attentif et en transe. Ceux qui ont tenté de surfer sur la foule ont été nombreux à se retamer. Ce n’était pas le concert approprié, sinon pour une grosse gamelle, ou pour planer d’une autre manière.

Le bassiste frontman a présenté sa troupe comme un petit groupe créé il y a quelques semaines, toujours avec son esprit décalé. Le dernier morceau était l’ébouriffant My Name Is Mud, sur lequel Claypool a répété en boucle les puissantes lignes de slap sur le final où il s’est échappé de la scène en courant, sans prévenir, au point qu’on se demandait si le concert était vraiment fini. P1080714C’était une très bonne performance qui m’a rappelé les gros délires que j’avais sur ce groupe avec mon pote Riwan en prépa.

Set list

  • Those Damned Blue-Collar Tweekers
  • Too Many Puppies
  • Pudding Time
  • Mr. Krinkle
  • Frizzle Fry
  • Wynona’s Big Brown Beaver
  • Jerry Was A Race Car Driver
  • My Name Is Mud

Opeth

Oui, oui, je sais. Encore un concert d’Opeth… C’était effectivement mon quatrième concert du groupe au Hellfest seulement, le huitième au total. Je ne les avais pas revu depuis le show anniversaire à Stockholm il y a deux ans. Est-ce que je me lasse ? Absolument pas, car cette prestation-là était probablement parmi mes préférées.

Je m’étais posté tout devant la scène, pendant que Wardruna jouait sous la tente d’à côté sa musique d’ambiance nordique. La bande de Mikael Akerfeldt est arrivée sur scène vers minuit (à l’heure du crime), avec son habituelle bande-son de Popol Vuh, mais sans ses deux guitaristes pour laisser la section rythmique et les claviers démarrer sur Sorceress, le morceau titre du dernier album qui a fait une ouverture grave et puissante. Après une entrée aussi maléfique dans le thème, il fallait battre le fer tant qu’il était chaud, et le groupe a judicieusement poursuivi avec le morceau fantomatique Ghost Of Perdition. Même si j’ai eu l’interprétation de toutes les pistes de mon album favori Ghost Reveries en Suède, je ne me lasserai pas d’entendre ces titres infernaux. C’était à nouveau dix minutes de bonheur, avec des riffs sombres, des mélodies aériennes.

P1080728Les riffs démentiels ont continué de pleuvoir avec Heir Apparent et son final plus mélodique et émotionnellement intense, que j’avais vécu de manière plus frustrante en 2014. Avec cette proximité, j’ai pu profiter du concert avec des fans plus investis que les plots béats il y a trois ans. Akerfeldt a rappelé qu’ils n’avaient pas beaucoup de temps pour jouer, mais a fait plusieurs références à Aerosmith qui jouait en même temps et à la chanson Mama Kin qu’il semblait aimer. J’ai bien aimé sa présentation : « Nous sommes ici pour vous divertir avec de la musique, de la lumière et… Martin Mendez. » Le bassiste a montré sa dextérité, en pair avec la batterie solide d’Axenrot, notamment sur des titres effrénés comme Era. J’étais content d’entendre ce morceau du dernier album, bien meilleur que Cusp Of Eternity qui sortait de nulle part et qui est un morceau faible de Pale Communion, même si c’était jouissif de chanter sur le refrain. J’ai aussi glorieusement évité The Lotus Eater, que je ne peux plus entendre en live.

Deliverance a sonné la touche finale avec dix bonnes minutes de rab’ et de riffs acérés et démoniaques. Il n’aurait manqué qu’un Demon Of The Fall pour me mouiller le froc. P1080726J’étais aux anges sur ce concert, et je n’ai pas regretté un concert de plus avec Opeth, toujours aussi carré en concert et enthousiasmant. Akerfeldt a tenu bon niveau chant guttural (sans frisson), et son équipe a fait une excellente prestation.

Set list

  • Sorceress
  • Ghost Of Perdition
  • Cusp Of Eternity
  • Heir Apparent
  • Era
  • Deliverance

Suicidal Tendencies

Retour à la Warzone à 1h du matin pour assister à la prestation de Suicidal Tendencies, que je connaissais très vaguement. Il y avait un monde fou dans ce coin-là. J’ai dû slalomer entre les gens postés entre la régie et les gradins pour me faufiler sur le côté gauche de la scène comme pour Tagada Jones la veille, où la densité était plus faible. Cela m’a permis de m’approcher en un rien de temps de la scène et de me jeter par la suite dans le pogo, sur le bouillonnant War Inside My Head. Pour la petite histoire, je suivais un gars baraqué, d’un peu trop près visiblement, car ce type s’est retourné pour m’utiliser comme bélier dans la fosse agitée tout en rigolant. Une farce qui m’a un peu fait passer pour une victime.

P1080772J’ai passé pas mal de temps dans le pogo à partir de là, ou aux abords, profitant de la hargne des mecs sur scène. Il faut dire que ce groupe avait une groove monstrueux, avec une basse qui tabasse à gros coups de slaps, des riffs de thrash metal acérés et ultra rapides, une voix entre le hardcore et le hip-hop, des chœurs dynamiques, et une présence sur scène incroyable. Les musiciens n’arrêtaient pas de courir partout, pour chauffer et fédérer le public avec des paroles aussi foutraques que « Clap like Ozzy ». Ce groupe de gangsters à casquettes et bandanas a partagé son message de recherche et d’affirmation de soi.

Je m’étais rappelé en le voyant que Dave Lombardo avait été accueilli dans ce groupe après son éviction lamentable de Slayer. Il faut dire que, même si les mecs de Slayer ne sont pas des enfants de chœur, il faut une sacrée patate pour assurer la batterie chez ce groupe. Le parrain de la double-pédale a très bien géré le tempo soutenu et le groove de Suicidal Tendencies ! On a même pu entendre le break de batterie d’Angel Of Death sur Freedumb en clin d’œil.

La Warzone n’aurait su être plus agitée par cette musique frénétique. Les miradors qui entouraient ce coin comme un camp de concentration lançaient eux-aussi des flammes. Sur le dernier morceau, où tout le monde scandait les marques du groupe « S-T », des fans ont été invités sur scène, presque aussi bondée que la fosse. Ils ont même organisé un slam d’une nana sur la scène. Un joyeux bordel qui faisait plaisir à voir !

J’ai retrouvé ma tente avec plus de satisfaction et d’énergie que la veille, tout de même prêt à affronter une nouvelle journée le lendemain, pour le bouquet final du dimanche.

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