Gojira – Prague – 07/06/2017

Groupe : Gojira
Date : Mercredi 7 juin 2017
Salle : Lucerna Music Bar
Ville : Prague
Première
partie :
Atari Terror

Ce mois de juin s’annonce mouvementé : deux concerts à Prague (Gojira et Foo Fighters) et un festival metal en France (le fameux Hellfest, ma septième édition). Le concert de Rammstein fin mai avait déjà ouvert le marathon metal.

J’avais vu Gojira aux quatre coins de la Bretagne, presque littéralement (Nantes, Lorient, Vannes, Rennes), puis récemment à Munich en première partie d’Alter Bridge dans des conditions médiocres (son mauvais, visibilité nulle, public mou). J’ai donc sauté sur l’occasion de les revoir à Prague où ils passaient lors d’une tournée européenne, en tête d’affiche et dans une salle plus petite. Ambiance garantie !

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Malgré des prestations en République Tchèque en festival (Brutal Assault, Trutnov) et en première partie de Metallica, c’était la première fois que Gojira jouait en tête d’affiche devant le public de Prague. Le Lucerna Music Bar est une petite salle (300 personnes) dans le cœur de la capitale, où s’était produit Steve Vai un an auparavant. Il y avait moins de monde dans la file à l’entrée quand nous sommes entrés vers 19h30 avec Martin, mon ami tchèque qui m’avait accompagné au concert furieux de Fear Factory. Seuls quelques fans fumaient sur le pavé, conséquence de l’interdiction toute récente.

Même si la salle affichait complet ce soir, nous entrons et circulons dans la salle sans problème. Le temps de prendre un petit coup avant de s’installer pour voir la première partie. Atari Terror est un groupe local qui chante en anglais, ce qui est rare pour des tchèques très attachés à leur langue. L’équipe était notamment composée de deux chanteurs : Dan en chant guttural et Broňa en chant clair. Leur bassiste avait aussi une belle bedaine à bière et un kilt, mais passons.

Cette formation m’a foutu une sacrée claque. La musique death/hardcore était sympa, mais la présence des musiciens était surtout folle. Le public était réactif, dont un fan très excité à côté de nous (ce qui incitait à le suivre), mais c’était bien le slam de Dan dans la foule qui a mis le feu aux poudres. Les pogos se sont déclenchés pas longtemps après, ainsi qu’un wall of death. Porté par le public lors de deux slams, le chanteur a continué de chanter comme un dingue. Le chant clair mélodique de Broňa était très bien maîtrisé et donnait un contrepoint hypnotisant aux riffs brutaux du groupe. Le chanteur m’a hypnotisé sur le refrain du morceau Ghost Of The Bloodbath.

De quoi bien se chauffer les cervicales avant le concert de Gojira. Atari Terror a bien mouillé le maillot. Je n’avais pas vu une première partie aussi exaltante depuis Trepalium au concert de Gojira justement, à Vannes en 2012. Là aussi, les pogos étaient violents.

Une fois n’est pas coutume, j’ai laissé mon appareil photo à la maison pour ce concert, comme pour tous ceux de Gojira. C’est une exception expérimentale et personnelle pour ce groupe organique pour lequel je ne veux pas laisser d’images figées empiéter sur des souvenirs marquants.

Après une musique d’attente à la fois inhabituelle et peu surprenante venant de Gojira (on a entendu du Björk), le groupe est arrivé sur scène à 21h20 sous des applaudissements nourris. Le public était réduit dû au peu de place laissée par la scène, comme d’habitude, mais elle était compacte, jusqu’à ce qu’éclatent des pogos dès le deuxième morceau The Heaviest Matter Of The Universe. Je ne pouvais, personnellement, plus me retenir. Le sourire aux lèvres et hurlant à tout va, je me suis jeté dans la tumulte, le meilleur endroit où profiter de la musique tripale de Gojira. Les fans étaient à fond dedans pour une fois, ça faisait vraiment plaisir à voir !

Le groupe a noté que ce n’était pas leur plus gros public, mais ils ont salué le bruit qu’on faisait. Joe Duplantier a fait remarquer que c’était leur premier concert dans la capitale, en partageant des souvenirs du Brutal Assault. Il a aussi mis le public dans sa poche en disant que les Tchèques aimaient l’ail et surtout en remerciant dans la langue comme on le lui a appris : « dick » et « weed » font « děkuji ». Le seul mot en français est venu pour savoir s’il y avait des compatriotes dans la salle.

La set-list était largement composée de morceaux du dernier album Magma sorti l’an dernier. Only Pain a ouvert le concert de manière fracassante avec ses sons de whammy, tandis que Silvera, Stranded et The Cell se sont enchaînés avec les classiques Flying Whales et Backbone pour former un marathon de violence. Ce dernier morceau s’est achevé avec l’outro démoniaque de Remembrance. La petite instrumentale mélodique Terra Inc. est venu panser les plaies, et le solo de batterie de Mario Duplantier ainsi que The Shooting Star ont été de nouvelles accalmies agréables.

Autre pépite du dernier album, Pray a été jouée sur une version rallongée et plus immersive, ce qui a souligné l’aspect tripal de cette chanson très percussive. Le groupe a quitté la scène après cette séquence épique pour revenir battre le rappel sur Oroborus, doté d’une intro supplémentaire stellaire. J’étais tellement en transe que j’ai demandé à Martin de me faire grimper pour un slam sur le break transcendant du morceau. C’était le plus long slam que j’avais fait jusqu’ici, allant de gauche à droite du public, puis encore gauche, en évitant le vigile prêt à m’attraper au vol devant la scène. De quoi me ravir au plus haut point. Même en l’air, j’étais déchaîné. Meilleure sensation au monde !

Côté performance scénique, la prestation des musiciens étaient finement calibrée techniquement et bien sauvage en même temps. Jean-Michel Labadie était toujours aussi charismatique et habité, avec ses mouvements frénétiques qui font sa renommée et un son de basse bien grave et tapageur. Des jets de fumées ont explosé sur les moments chauds pour mettre un peu de piment dans la mise en scène.

gojira-prague-2017_img2Le groupe a terminé le concert par les grands coups de Vacuity, morceau pendant lequel j’ai rejoint mon camarade, avant les saluts des musiciens. Une fois le spectacle terminé, nous avons pu nous rincer le gosier en débriefant la soirée, et j’ai fait un tour du côté du merchandising tenu par un Anglais sympathique, où j’en ai profité pour acheter une peau de batterie sublimement peinte par Mario Duplantier.

Conclusion

Martin et moi nous sommes bien éclatés sur ce concert fantastique des Français de Gojira, qui ont gagné de nouveaux fans tchèques ou consolidé une base avec cette prestation robuste, à la hauteur de la réputation du groupe landais. Les conditions étaient idéales pour un concert plus intense et intimiste. Le son était globalement bien bon, mis à part un chant moins audible, et on pouvait voir les musiciens facilement. Atari Terror était également une très bonne surprise. Malgré la taille réduite, le public tchèque a été puissant toute la soirée, avec des pogos agités. Gojira n’a pas fini de conquérir le monde.

Set list

  • Only Pain
  • The Heaviest Matter Of The Universe
  • Silvera
  • Stranded
  • Flying Whales
  • The Cell
  • Backbone
  • Terra Inc.
  • L’Enfant sauvage
  • Solo de batterie
  • The Shooting Star
  • Pray
    • Oroborus
    • Vacuity

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