Foo Fighters – Prague – 27/06/2017

Groupe : Foo Fighters
Date : Mardi 27 juin 2017
Salle : O² Arena
Ville : Prague
Première
partie :
Red Fang

P1080977Dernier concert de ce mois de juin 2017 chargé musicalement (entre le Hellfest et Gojira, sans oublier Rammstein fin mai). Il s’agissait d’un événement de taille : l’équipe de Dave Grohl revenait à Prague pour quelques concerts estivaux et des festivals en échauffement de la sortie de l’album Concrete & Gold qui aura lieu dans le courant de l’année.

J’avais déjà vu les Foo Fighters fin 2015 à Cracovie, alors que Dave Grohl avait encore le pied dans le plâtre durant le fameux « Broken Leg Tour », mais leur passage à Prague ne pouvait pas être évité. C’était l’occasion de revoir le chanteur sur ses deux jambes. Vu le show qu’il avait donné en étant éclopé, on pouvait s’attendre à plus d’énergie.

J’avais plusieurs amis intéressés par l’événement à mes côtés : ma copine Louise et mes anciens collègues et amis Ivan, Marketa et Miloš. Nous étions arrivés tôt dans la grande salle de l’O² Arena, à 18h après le travail, pour espérer obtenir de bonnes places. Avec Louise et Ivan, nous avons réussi à avoir une position assez avancée dans la fosse sur le coté gauche. Après quelques mouvements, nous sommes parvenus à éviter de nous retrouver derrière des grands tchèques, ce qui nous a offert une vue plutôt ouverte sur la scène.

P1080938La première partie est monté sur scène à 19h30. Il s’agissait du groupe de stoner américain Red Fang. Comme on se retrouve ! Je les avais vu dix jours plus tôt au Hellfest. Le quatuor a délivré à nouveau son panache et ses riffs graves et assommants, avec des morceaux parfois sombres et dynamiques. Je reconnaissais quelques titres, dont le refrain accrocheur de Blood Like Cream qui a ouvert le spectacle. Le son était particulièrement fort pour cette première partie. Les guitares nous atteignaient d’autant plus. La basse rugissait avec la distorsion, tandis que, depuis mon point de vue, je me concentrais davantage sur le jeu de David Sullivan à la guitare.

C’était une bonne introduction pour la musique rock et rageuse des Foo Fighters, et c’était agréable de revoir Red Fang, on ne s’en lasse pas.

Vers 21h30, c’était au tour de Dave Grohl d’arriver sur la scène sous les acclamations des fans. Le chanteur est arrivé seul avec sa guitare. En faisant tourner quelques petits accords, il a aussi fait un discours d’introduction, pendant lequel il a rappelé que cela faisait cinq ans depuis la dernière prestation du groupe dans cette même salle praguoise. Une broutille par rapport aux 19 années qui séparaient le concert à Cracovie de leur précédent en Pologne. En rappelant ça, Grohl voulait se mettre le public dans la poche et l’embarquer dans une nouvelle aventure rock en fixant les enjeux. Après ses mots, il a entamé les paroles de Times Like These, en solo avec sa guitare jusqu’à deuxième refrain, avant que ses comparses le rejoignent sur la suite du morceau. Une introduction poignante en crescendo, même si elle n’avait pas le même dynamisme que celle de Cracovie avec Everlong.

P1090022Ayant posé les bases, le groupe a battu le fer tant qu’il était chaud et a enchaîné avec une fièvre contagieuse les morceaux rock (dont All My Life et Learning To Fly qui foutent une sacrée patate). Something From Nothing a exulté son crescendo pour finir sur joyeux bordel. Le public autour du nous était très engagé et sautait volontiers en chantant à gorges déployées. Le tube The Pretender m’a rappelé les nombreuses où l’on s’époumonait avec Miloš au karaoké. Là, on hurlait le refrain en vrai, et avec de l’entraînement ! Le son était plus équilibré que pour Red Fang, plus clair, mais toujours bien puissant. Il me fallait parfois du temps pour identifier les morceaux joués à partir des guitares (comme sur Monkey Wrench ou My Hero, deux extraits de The Colour And The Shape qui m’ont tous les deux ravi), mais tout était bien distinct.

Le groupe n’a pas faibli en diffusant ses ondes rock ultra-dynamiques et fédératrices. Les musiciens rallongeaient les morceaux pour mieux chauffer le public et faire des performances taillées pour les concerts. En ont témoigné The Pretender avec son break rock n’ roll sur lequel Dave Grohl nous a incité à danser, les finals un peu foutraques de Rope et My Hero où les musiciens répétaient en boucle les derniers accords en prenant plus de liberté, la version plus lente de Wheels, ou le break de Monkey Wrench où les lumières s’étaient éteintes pour laisser le public illuminer complètement la salle avec leurs téléphones portables.

P1080968Pendant ces moments de free-style, Dave Grohl est venu au plus près de notre côté, mais aussi autour de ses musiciens, qu’il a présenté après quelques morceaux, en offrant des extraits d’Ozzy Osbourne (Crazy Train joué par Chris Shifflett) ou de Pink Floyd (Money joué par Nate Mendel et improvisé au chant par Dave qui a changé les paroles). Rami Jaffee, qui fait à présent partie à part entière du groupe, a aussi fait son petit solo de clavier, même si ces interventions étaient peu audibles sur la majorité des morceaux. Le bonhomme a quand même offert un solo d’accordéon sur la ballade Skin And Bones. Taylor Hawkins, le petit favori de Dave à la batterie, a assuré les choeurs, mais aussi le chant principal sur Cold Day In The Sun. Ce batteur a encore démontré qu’il avait une frappe d’ours et s’est fendu de quelques petits solos décapants.

Côté set-list, le groupe a donné la part belle à l’album Wasting Light, tout en piochant dans la quasi-intégralité du catalogue. Nous avons pu entendre deux extraits du prochain album : La Dee Da et Run, déjà dévoilé par un clip où les membres du groupe incarnent des musiciens septuagénaires dans une maison de retraite, lançant une révolte à la Vol au-dessus d’un nid de coucou. Ces titres passaient très bien en live. P1090028C’étaient les deux seuls morceaux que je n’avais pas entendus au concert de Cracovie, en plus de Wheels. Le chanteur Jaz Coleman a également été invité par les membres pour jouer la reprise de Requiem de son groupe Killing Joke. Dave Grohl a ajouté que ce chanteur était une inspiration pour lui et qu’il avait emprunté son chant criard punk.

Vers la fin du concert, Dave Grohl a donné l’impression qu’ils allaient modeler la set-list au hasard, mais il ne m’a pas semblé qu’ils aient vraiment pris des requêtes du public. Certains panneaux dans la foule indiquaient des requêtes, mais Grohl précisait la probabilité qu’ils jouent ces chansons, selon leur capacité ou la fréquence à laquelle ils les jouaient. La meilleure requête était celle d’un fan des gradins qui a hurlé les paroles d’ouverture de Best Of You (« I’ve got another confession to make ») suffisamment fort pour que cela retienne l’attention de Dave, qui l’a fait répété et s’en est amusé. Ils n’ont pas joué cette chanson à ce moment, mais elle était définitivement sur le programme. Le chant de Dave était très faiblard sur ce refrain, il peinait beaucoup, mais au fond, après 2h30 de concert à hurler, on peut dire qu’il est allé jusqu’au bout et n’a pas lâché l’affaire.

Dave Grohl a fait le coup du « on jouera jusqu’à ce qu’ils nous débranchent », ce qui s’était vérifié lors d’un concert en festival où l’organisateur avait coupé le son brutalement avant les dernières secondes du dernier titre pour marquer le couvre-feu. Mais ce soir-là, le groupe a quand même joué leur dernier morceau et a salué avant de se rendre compte qu’ils avaient littéralement oublié de jouer Everlong ! Les musiciens ont donc repris leurs instruments pour terminer le concert avec ce classique splendide dans une ambiance d’enfer.

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Conclusion

Même dans une grande salle, les Foo Fighters arrivent à faire bouger le public et à donner une ambiance de pub intimiste et bouillonnante grâce à leur rock garage sauvage. Le chanteur était très communicatif, la musique était bien dynamique, ce qui se ressentait dans le public, très impliqué et remuant. Nous étions ravis de pouvoir être au cœur de l’ambiance, et, même dans la fosse, d’avoir une bonne vue quasi dégagée sur la scène et les musiciens sans devoir se contenter des écrans géants. Une fois de plus, le groupe a partagé sa classe et sa positivité avec panache, grâce à des titres toujours aussi fédérateurs et une interprétation tapageuse. On est toujours sûr de passer un bon moment.

Set list

  • Times Like These
  • All My Life
  • Learn To Fly
  • Something From Nothing
  • P1080964

  • The Pretender
  • Cold Day In The Sun
  • Congregation
  • Walk
  • These Days
  • My Hero
  • Skin And Bones
  • La Dee Da
  • White Limo
  • Arlandria
  • Rope
  • Monkey Wrench
  • Wheels
  • Run
  • This Is A Call
  • Requiem
  • Best Of You
  • Everlong

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