Valérian et la Cité des mille planètes

After years of peace and prosperity, an unknown force wants us to destroy all we have created.

VALERIAN_Int'l Payoff France_120x160 @25%.indd

C’est le film français (voire européen) le plus cher jamais réalisé, avec un budget d’un peu moins de 200 millions d’euros. Une somme qui s’aligne sur les chiffres des superproductions d’Hollywood. Et c’est le plus américain des réalisateurs français, Luc Besson, qui est à l’origine de ce projet titanesque pour revenir aux sources de l’inspiration des grandes épopées galactiques comme Star Wars. Valérian et la Cité des mille planètes est l’adaptation de la bande dessinée Valérian et Laureline créée par Pierre Christin et Jean-Claude Mézières et qui a bercé la jeunesse de Besson.

Son précédent film de science-fiction Le Cinquième élément s’inspirait déjà de cet univers et était également similaire en termes de production, avec un casting anglophone et un budget colossal. Ce film avait été un succès autant en France qu’à l’international. Il restait à voir si Valérian pouvait égaler ce succès commercial et artistique.

Lire la suite

Metallica – Hardwired… To Self-Destruct

P1060969Huit ans. Presque une décennie. C’est le temps qui sépare la sortie du nouvel album de Metallica intitulé Hardwired… To Self-Destruct de celle de son prédécesseur Death Magnetic en 2008. J’étais encore au lycée à cette époque-là, quand j’ai découvert avec excitation les premières notes de cet opus du retour aux sources. Dire que j’ai eu le temps de finir mes études entre temps.

Peut-on affirmer que le groupe a chômé pendant ces huit longues années ? Faisons les comptes : aux regards des statistiques, le groupe a fait 366 concerts entre 2008 et 2016, étalés sur chaque année et sur chaque continent, et sorti en 2011 un double-album avant-gardiste avec Lou Reed (Lulu), ainsi qu’un film musical en 2013, Through The Never, avec Dane DeHaan.

Parmi les performances live, qui font leur renommée, on peut compter une série de concerts historiques avec Megadeth, Slayer et Anthrax (connus comme le « Big Four » du thrash metal américain) ; une semaine entière de célébration pour leur trente ans dans la salle mythique du Fillmore avec de nombreux invités célèbres et des raretés en rétrospective ; une tournée en l’honneur du Black Album affichant une date historique au Stade de France en 2012 ; une série de concerts à Mexico City et au Canada avec des effets spectaculaires conçus pour le film Through The Never ; une tournée en 2014 donnant l’occasion aux fans de créer leur set-list rêvée ; un concert unique en Antarctique ; un festival Orion Music + More monté par le groupe sur deux éditions à Atlantic City en 2012 et à Détroit en 2013. Malgré l’alléchante distribution de ce festival et les nombreuses surprises organisées par le groupe (des albums phares joués en intégralité, des expositions et autres rencontres), ce projet de festival fut un gouffre financier, tout comme l’album avec Lou Reed et le film Through The Never.

La raison d’un tel fossé entre la sortie des deux albums de Metallica est donc plutôt la priorité donnée à des projets plus ambitieux. La question d’un successeur à Death Magnetic s’est posée au groupe chaque année, et les musiciens assuraient que ce n’est pas l’inspiration qui leur manquait, que des tonnes de riffs étaient dans les tiroirs.

P1060971Comme pour l’album précédent, le groupe avait fait monter la pression en jouant en concert un nouveau morceau (peu inspiré), Lord Of Summer, qui ne figurait finalement pas sur la galette finale. La sortie du fameux nouvel album s’est concrétisée au printemps 2016 lorsqu’une date de sortie et des détails du contenu ont été révélés.

Là encore, le bon goût de la pochette est très discutable. Il s’agit également d’un double-album, avec six pistes sur chaque disque. C’est un format déjà exploité récemment par Iron Maiden pour The Book Of Souls. Les vieux groupes de metal ont donc autant de matière à partager ! Il nous tarde de voir si la quantité rejoint la qualité.

Lire la suite

Opeth – Sorceress

P1060948La troupe suédoise de metalleux reconvertis au rock progressif poursuit ses explorations dans des influences d’une décennie passée (les années 70). Après deux albums où Opeth s’est écarté du style death metal qui a fait sa renommée, son commandant Mikael Akerfeldt ne compte apparemment pas s’arrêter là. Au risque de vous gâcher la surprise, ce nouvel album reprend le style de son très bon prédécesseur Pale Communion, sans chant guttural donc.

Sorceress a été composé presque intégralement par Akerfeldt et enregistré aux Pays de Galles comme le précédent. C’est toutefois le premier album depuis Ghost Reveries qui n’est pas produit sous l’écurie Roadrunner. Le douzième album d’Opeth est produit sous leur propre label Moderbolaget suite à un contrat signé avec Nuclear Blast.

La pochette est toujours signée du créateur Travis Smith et illustre remarquablement le thème principal de l’album : les aspects négatifs de l’amour, comme la jalousie, les coups bas et la paranoïa. Le paon trônant sur des cadavres avec le sang au bec est encore très bien trouvé par l’artiste pour décrire l’allure noble de la musique d’Opeth, qui cache son côté malsain derrière de beaux ornements. Le personnage de la sorcière va à ravir à l’esthétique du groupe.

Lire la suite

Gojira – Magma

La fierté nationale des métalleux français est de retour des studios avec un nouveau disque quatre ans après L’Enfant sauvage, soit le même temps d’attente qu’avec l’album précédent. Gojira a sorti cet été 2016 l’album Magma, enregistré au Silver Cord Studio à New York, construit par le chanteur et guitariste Joe Duplantier.

P1020725Pour la première fois, on a pu voir le groupe fait une promotion pour cet album sur un grand nombre de médias, notamment les plus généralistes. La presse s’est intéressée à cette formation de la campagne des Landes qui va jouer du metal à l’étranger avec les plus grands, sans que le grand public français ne sache qui ils sont ni ne ce qu’est réellement le metal. La coïncidence de la sortie de l’album avec leur concert au Hellfest, le festival de metal le plus populaire en France, a pu braquer davantage la lumière sur eux. Même si le metal extrême reste réservé à une élite mélomane, le groupe a envie de s’étendre, de partager la flamme de la musique, et vu leur talent et leur intégrité artistique, ils méritent d’être populaire, cela ne fait aucun doute.

Lire la suite

Red Hot Chili Peppers – The Getaway

Le départ du guitariste John Frusciante m’avait fait P1020727perdre intérêt dans les Red Hot Chili Peppers, affectés dans l’harmonie entre les quatre musiciens et leurs personnalités.

J’avais soigneusement snobé l’album I’m With You, enregistré avec Josh Klinghoffer, remplaçant de Frusciante qui travaillait déjà dans l’ombre avec les Red Hot et avait déjà collaboré avec l’ancien guitariste sur ses projets solos.

Cinq ans après I’m With You, les Californiens sont de retour avec The Getaway, un nouvel album suivi d’une tournée. Le premier single, Dark Necessities, m’avait transporté à la première écoute et continue toujours, et je sentais l’envie de voir ce groupe un jour en concert. J’ai donc acheté un billet ainsi que l’album pour connaître le groupe tel qu’il était en 2016, 25 ans après Blood Sugar Sex Magik et 18 ans après Californication.

La pochette très réussie de l’album est une peinture de l’artiste Kevin Peterson, dans laquelle les quatre musiciens se sont reconnus : l’ours serait Chad Smith, la fille serait Josh Klinghoffer, le raton-laveur serait Flea et le corbeau, Anthony Kiedis.

Lire la suite

Haken – Affinity

Haken est un nom qui était sur les lèvres de tous les aficionados de Dream Theater, comme un nouveau grand cru de metal progressif. Le groupe de John Petrucci et de Mike Portnoy a fait des émules et a inspiré toute une génération de progeux techniques. Les groupes ont pullulé dans cette veine, et Haken fait partie de ceux dont l’ombre de Dream Theater flotte toujours aux alentours.

Ne pouvant échapper aux éloges faites à ce groupe anglais, je n’ai pas manqué d’écouter leurs morceaux, sans jamais vraiment accroché malgré mes efforts. La voix du chanteur m’a toujours coupé dans mon élan.

affinity_img1C’est la sortie de leur récent album Affinity qui m’a donné une vraie occasion d’accrocher à leur musique. Il s’agit du premier album enregistré après le départ du bassiste Thomas MacLean, sans compter l’E.P Restoration. Le succès critique de l’album précédent, The Mountain, avait fait monter l’attente pour ce groupe connu pour la qualité homogène de ses disques.

Contrairement aux précédents albums écrits majoritairement par le guitariste Richard Henshall, la composition a été réalisée par l’ensemble du groupe. Bien que les auteurs soient un peu frileux pour parler de concept album, les thèmes de l’informatique, de l’évolution de la machine et du rapport avec l’humain sont forts et récurrents à travers tout le disque. L’univers du logiciel et l’esthétique très années 80 de l’album, autant visuellement que musicalement, évoquent un univers geek assez charmant.

Lire la suite

The Grand Budapest Hotel

Take your hands off my lobby boy

grand-hotel-budapest_img1Il y a quelque chose de frais et d’authentique dans le cinéma de Wes Anderson qui le démasque tout de suite. On reconnaît le style de ses films colorés et cosy, où on aimerait mettre des « soupçons de ceci-cela » alors que son style est un mélange de subtilité et de grandiloquence, de légèreté et de lourdeur. Ses frasques sont très appuyées mais très bien placées, ce qui donne un équilibre précis et splendide.

Le créateur de Moonrise Kingdom, de La Vie aquatique et d’À bord du Darjeeling Limited sortait cette année The Grand Budapest Hotel, un film considéré comme son chef-d’œuvre. Je dois dire que je n’ai jamais autant eu la banane pendant une séance de cinéma. J’ai gardé le sourire tout du long, tellement le film était savoureux (et pourtant j’avais de quoi faire la gueule, passons).

Revenons sur un bijou d’un réalisateur atypique, assemblant dans un film tout son art et tous les arts : littérature, peinture, architecture, musique et cinéma, bien sûr.
Lire la suite

Her

Sometimes I think I have felt everything I’m ever gonna feel. And from here on out, I’m not gonna feel anything new. Just lesser versions of what I’ve already felt.

her_img1 Il était amusant de voir ce film rangé dans la catégorie « comédie romantique ». Disons qu’on imagine mal Joaquin Phoenix tourner dans un film de ce genre. Pourtant, c’est presque de cela qu’il s’agit, à l’exception que l’histoire d’amour se révèle être entre un homme et son ordinateur. Amour geek futuriste ? Mouais, grossièrement, le côté humoristique en moins.

En vérité, Her serait davantage à classer dans la catégorie drame, voire science-fiction s’il n’était pas déjà empreint d’une certaine réalité. Le réalisateur Spike Jonze a très justement obtenu l’Oscar du meilleur scénario original pour avoir mis en scène cette rencontre improbable. Le casting compte notamment Scarlett Johansson, qui n’apparaît dans le film que par sa voix (celle de l’ordinateur), tout aussi sexy.

Titre : Her
Sortie : 2014
Réalisateur : Spike Jonze
Acteurs/trices : Joaquin Phoenix, Scarlett Johansson, Rooney Mara, Amy Adams

Lire la suite

La Crème de la crème

L’important, c’est le réseau

Le 11 mars dernier, Kim Chapiron et l’équipe du film venaient présenter leur dernier film en avant-première au crème-de-la-crème_img1Gaumont de Rennes. Son troisième long métrage La Crème de la crème suit trois étudiants d’école de commerce, entre amour, business et prostitution.

C’était l’une de mes principales attentes de l’année. Son précédent film Dog Pound, que j’avais vu quelques mois auparavant, m’avait scotché. Lorsque j’ai appris qu’une avant-première serait organisée à Rennes en présence du réalisateur, je me suis précipité sur les billets. La salle était remplie d’étudiants venus notamment grâce à des invits de leurs écoles de commerce.

À la suite de la projection, Kim Chapiron accompagné des acteurs Thomas Blumenthal et de Karim Ait M’Hand, deux amis dans le film, ont offert un entretien généreux et bien sympathique. C’était la première avant-première pour les comédiens : Thomas semblait tendrement nerveux et timide (à l’image de son personnage) mais les deux se sont faits prier pour pousser la chansonnette pendant que leur metteur en scène filmait les performances hilare. Un beau cadeau qui a mis le public dans leur poche. Ambiance partagée entre stress et décontraction. Cela faisait plaisir de les entendre.

Quelques jours avant la sortie nationale, je vous propose de découvrir ce nouveau film sulfureux.

Only God Forgives

only-god-forgives_img

Time to meet the devil.

Jamais je n’aurais autant attendu un film. Déjà très tôt, j’avais pris connaissance du tournage d’un long métrage de Nicolas Winding Refn en Thaïlande, au vague titre de Only God Forgives.

Puis, ce projet s’est progressivement éclairci, avec de plus en plus d’éléments à faire baver : une vidéo de Winding Refn contemplant un mur où étaient collés des post-its retraçant tout le fil du film, des photos du tournage avec Ryan Gosling en sang à papoter avec Gaspar Noé, des bandes-annonces aux couleurs rouges pour rappeler les films de ce dernier, des affiches, des critiques à tout va sur la Croisette, une sortie française à laquelle je n’ai pas assisté, étant au Canada, où la sortie n’avait lieu que deux mois plus tard.

Le jour J est enfin arrivé et c’est une attente d’environ dix mois qui s’est achevé dans une salle de cinéma québécoise, la seule à projeter le film.

Après le chamboulement que m’avait procuré Drive, on peut très bien expliquer pourquoi j’étais armé d’une telle patience alliée à une excitation névrotique. Les critiques négatives et les huées au festival de Cannes, auquel le film participait en compétition officielle, n’étaient pas parvenues à entacher ma motivation, bien au contraire.

Fallait-il s’attendre à un « Drive 2 », avec encore une fois la star Ryan Gosling au casting, de la part d’un réalisateur qui a réalisé Le guerrier silencieux et Bronson avant un écart hollywoodien ? C’est probablement ce qu’a dû croire le petit monde de la Croisette qui espérait retrouver la candeur clinquante du carton motorisé de 2011. Pour ma part, j’espérais un film plus authentique et perturbant, du pur NWR, et ces critiques m’ont donné de l’espoir avant de me donner raison.

Lire la suite